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Retraites : quatre stratégies pour partir plus tôt sans minoration

Si vous êtes proche de l’âge de la retraite, vous pouvez profiter de plusieurs dispositifs pour partir plus tôt ou progressivement sans pour autant voir baisser votre future pension. Des outils qui devraient disparaître avec le futur régime universel.

1. Retraite anticipée pour carrière longue : pour partir avant l’âge légal

Destiné à ceux qui ont commencé à travailler jeune et cotisé longtemps, le dispositif «carrières longues» peut vous permettre de percevoir votre retraite dès 60 ans, voire à partir de 58 ans, même si vous ne souhaitez pas arrêter de travailler. Vous pourrez ensuite retravailler, mais de préférence sous un autre statut que celui de salarié pour ne pas être pénalisé par les règles du cumul emploi-retraite.

Pour en profiter, il suffit d’avoir validé 5 trimestres avant la fin de l’année civile de vos 20 ans (ou de celle de vos 16 ans pour un départ avant 60 ans), sachant que quatre trimestres suffisent si vous êtes né au cours du dernier trimestre. Si vous avez été pion ou avez fait des petits boulots durant vos études ou pendant les vacances scolaires ou si vous étiez sous les drapeaux avant vos 20 ans, ces trimestres sont pris en compte au même titre que si vous aviez effectivement commencé à travailler avant vos 20 ans. Vous devrez, en outre, justifier d’une durée cotisée au moins égale à la durée d’assurance requise pour le taux plein pour un départ à partir de 60 ans (ou majorée de 8 trimestres pour un départ à partir de 58 ans). Par exemple, si vous êtes né en 1961, 1962 ou 1963, vous pouvez demander le versement de votre retraite dès 60 ans si vous avez au moins 168 trimestres, voire dès 58 ans si vous en avez 176. Mais attention : seuls les trimestres pendant lesquels vous avez travaillé et cotisé sont retenus. Par exception, certains trimestres validés gratuitement sont également pris en compte : 4 trimestres de service militaire ; 4 trimestres de maladie ou accident du travail ; 2 trimestres d’invalidité ; 4 trimestres de chômage et pour les femmes la totalité des trimestres de maternité (à ne pas confondre avec les majorations de durée d’assurance pour enfant).

2. Retraite progressive à partir de 60 ans : pour échapper au malus

La retraite progressive répond à une autre logique : elle vous permet de commencer à percevoir une partie de votre retraite – de base et complémentaire – tout en continuant à travailler à temps partiel. Par exemple, en travaillant à 60%, vous pourrez percevoir 40% de vos pensions de retraite qui viendront s’ajouter à votre salaire à temps partiel. Ce dispositif peut être utilisé aussi bien pour lever le pied en douceur à partir de 60 ans que pour cumuler retraite et revenus du travail à partir de 62 ans. À la différence du cumul emploi-retraite, les cotisations versées pendant la période de retraite progressive vous permettent d’améliorer le montant de votre future retraite. Lorsque vous cesserez toute activité, votre retraite sera recalculée pour tenir compte des droits supplémentaires que vous avez acquis pendant cette période. Vous pouvez aussi envisager la retraite progressive comme une solution pour contourner le malus applicable à l’Agirc-Arrco (minoration de 10% pendant 3 ans de votre retraite complémentaire si vous partez à l’âge du taux plein). Car ce n’est que lorsque vous ferez définitivement liquider vos droits que les conditions d’application du malus/bonus seront appréciées. En optant pour la retraite progressive à 62 ans, vous n’aurez donc aucun malus, et vous y échapperez également lorsque vous ferez liquider votre retraite définitive plus tard.

Les conditions à réunir ne sont pas très contraignantes. Il suffit d’avoir 60 ans, de travailler entre 40 et 80% d’un temps plein et de justifier de 150 trimestres d’assurance. Si vous êtes déjà à temps partiel, vous pouvez en profiter sans réduire votre temps de travail. Seul inconvénient : lorsque la possibilité de partir en retraite progressive n’a pas été mise en place dans votre entreprise, via un accord collectif, elle est souvent méconnue des services des ressources humaines. Il faut alors tout négocier : la possibilité de passer à temps partiel, comme celle de continuer à cotiser et de percevoir son indemnité de départ en retraite sur la base d’un salaire à temps plein. Dernier obstacle de taille : les caisses ne donnent pas d’estimation du montant de la retraite progressive. À moins de faire calculer le montant de votre retraite progressive par un cabinet spécialisé, vous ne pourrez pas savoir à l’avance combien vous allez toucher.

3. Rachat de trimestres : pour partir plus tôt avec tous ses trimestres

Si vous vous êtes mis en tête que vous serez contraint de devoir travailler jusqu’à 64 ans, 65 ans voire plus… pour réunir tous vos trimestres, un rachat de trimestres peut vous permettre de partir dès 62 ans avec la même retraite que celle que vous auriez eue si vous aviez travaillé jusqu’au bout. Vous pouvez racheter jusqu’à 12 trimestres correspondant à des années d’études supérieures et/ou à des années civiles « incomplètes» (moins de 4 trimestres validés). Ce rachat vous permet d’améliorer automatiquement le montant de votre retraite complémentaire Agirc-Arrco. Il est d’autant plus rentable que vous avez accumulé un nombre de points importants dans ce régime. En revanche, évitez de racheter des points dans ce régime. Le retour sur investissement est décevant.

Cette opération ne doit être envisagée que dans l’année de votre départ en retraite, de manière à savoir précisément combien de trimestres il vous manquera. Cela vous permet également d’éviter de racheter des trimestres pour rien si vous terminez votre carrière au chômage et pouvez être indemnisé par Pôle emploi jusqu’à l’âge du taux plein.

4. Cumul emploi-retraite : pour optimiser vos revenus de fin de carrière

Le cumul emploi-retraite est un dispositif à envisager pour optimiser ses revenus de fin de carrière. Il consiste à faire liquider votre retraite et à reprendre, immédiatement ou non, une activité rémunérée. Mais attention, à la différence de la retraite progressive, une fois votre retraite liquidée, même si vous continuez à cotiser comment les autres actifs, ces cotisations ne vous permettent plus d’acquérir de nouveaux droits.

Si vous reprenez une activité qui relève d’un autre régime que celui qui vous verse votre retraite, par exemple, si vous étiez salarié et devenez indépendant, vous pouvez cumuler vos revenus professionnels avec vos pensions, sans aucune limite. Autre possibilité quel que soit votre ancien statut : créer une société par actions simplifiée unipersonnelle (Sasu) dont vous serez président. Si vous ne vous rémunérez pas, vous échapperez aux cotisations sociales, y compris sur les dividendes, et aux règles du cumul emploi-retraite. Vous pourrez en outre profiter du prélèvement forfaitaire unique (30% avec les prélèvements sociaux) pour l’imposition de ces « nouveaux» revenus.

Les choses sont plus compliquées si vous reprenez une activité relevant du même régime que celui qui vous verse vos pensions. Car vous ne pouvez cumuler vos nouveaux revenus avec vos retraites qu’à partir de 62 ans, sous réserve que vous ayez fait liquider votre retraite à taux plein, ou à partir de 67 ans. À défaut, le cumul n’est autorisé que dans certaines limites qui varient d’un régime à l’autre. Par exemple, si vous étiez salarié, il n’est possible que dans la limite de votre dernier salaire (ou de 160% du smic si cette limite est plus favorable). Et vous devez respecter un délai de carence de 6 mois avant de retravailler chez votre ancien employeur.

Source : article publié le 27 mars 2020 sur le Figaro, Nathalie Cheysson-Kaplan

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