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Technicien Télécom En Gilet Et Casque Travaillant Sur Un Ordinateur Portable Devant Une Antenne-relais, Convention Collective IDCC 2148

Départ à la retraite dans les télécommunications (IDCC 2148) : indemnités, préavis et âges en 2026

Le secteur des télécommunications emploie des dizaines de milliers de salariés, des techniciens de réseau aux ingénieurs et cadres des opérateurs. Au moment du départ à la retraite, une question revient systématiquement : quelle indemnité la convention collective nationale des télécommunications (IDCC 2148) prévoit elle, et comment se combine-t-elle avec le minimum légal ? Quel préavis respecter selon votre groupe de classification ? Et vaut-il mieux partir volontairement ou négocier une rupture conventionnelle ? Ce guide répond à ces trois questions, barèmes 2026 à l’appui.

Qui est concerné par la convention collective des télécommunications ?

Avant d’examiner les droits de fin de carrière, encore faut-il relever de cette convention. La CCN des télécommunications (IDCC 2148, brochure 3303) a été signée le 26 avril 2000 et étendue par arrêté du 12 octobre 2000 : elle s’impose donc à toutes les entreprises de son champ, qu’elles adhèrent ou non à une organisation patronale signataire.

Les opérateurs et services de télécommunications sont visés

La convention couvre les entreprises dont l’activité principale relève des télécommunications, notamment :

  • Les opérateurs de réseaux fixes et mobiles.
  • Les fournisseurs d’accès à internet.
  • Les opérateurs de télécommunications par satellite.
  • Certains prestataires de services associés, y compris les centres d’appels détenus par un opérateur télécom.

À titre indicatif, les codes NAF concernés sont le 6110Z (télécommunications filaires), le 6120Z (sans fil), le 6190Z (autres activités) et le 8220Z (centres d’appels rattachés à un opérateur).

L’activité réelle de l’entreprise prime sur le code NAF

Le code NAF n’est qu’un indice : c’est l’activité principale réellement exercée qui détermine la convention applicable. Ainsi, un éditeur de logiciels vendant aussi des abonnements télécoms relève le plus souvent de la convention Syntec (IDCC 1486) si le logiciel reste son cœur de métier. En cas de doute, le texte applicable est mentionné sur le bulletin de salaire et dans le contrat de travail.

En savoir plus : Retraite et convention collective Syntec

La convention des télécommunications encadre trois modes de départ en fin de carrière

La CCN des télécommunications (brochure 3303, IDCC 2148) distingue trois voies pour mettre fin au contrat en vue de la retraite. Chacune obéit à des conditions et à un régime d’indemnisation différents, qu’il faut identifier avant toute décision.

Le départ volontaire relève de la seule initiative du salarié

Le salarié quitte l’entreprise de sa propre initiative pour liquider sa pension de vieillesse. La convention ne subordonne pas ce départ à l’obtention du taux plein : il suffit d’avoir atteint l’âge légal d’ouverture des droits. L’indemnité conventionnelle de départ est due dès 10 ans d’ancienneté (article 4.4.2).

La mise à la retraite est décidée par l’employeur

La mise à la retraite est décidée par l’employeur, dans un cadre strict. Un point souvent mal compris mérite d’être souligné : l’employeur ne peut pas imposer une mise à la retraite au seul motif que le salarié aurait atteint le taux plein. Il ne peut l’envisager qu’à partir de l’âge du taux plein automatique (67 ans) – et, jusqu’aux 70 ans du salarié, uniquement après une interrogation écrite annuelle à laquelle le salarié peut s’opposer. Ce n’est qu’à 70 ans que la mise à la retraite devient possible d’office.

La rupture conventionnelle suppose l’accord des deux parties

La rupture conventionnelle n’est ni un départ ni une mise à la retraite au sens de la convention. Elle résulte d’un accord commun, ne peut être imposée par personne et n’est soumise à aucune condition d’âge de retraite. Son intérêt est surtout fiscal et social, comme nous le verrons plus loin.

À quel âge peut-on partir ou être mis à la retraite dans les télécoms ?

La convention renvoie sur ce point au Code de la sécurité sociale. ⚠️ Pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, le calendrier d’âge légal a été ajusté selon la date de naissance.

Date de naissanceÂge d’ouverture des droits
1er sept. – 31 déc. 196162 ans et 3 mois
196262 ans et 6 mois
1er janv. 1963 – 31 mars 196562 ans et 9 mois
1er avril – 31 déc. 196563 ans
196663 ans et 3 mois
196763 ans et 6 mois
196863 ans et 9 mois
À partir de 196964 ans

Le taux plein automatique est acquis à cet âge majoré de trois ans, soit 67 ans pour les générations dont l’âge légal est fixé à 64 ans. Côté employeur, la mise à la retraite d’office n’est possible qu’à partir de cet âge de référence. Entre cet âge et 69 ans, l’employeur doit interroger le salarié par écrit chaque année ; une réponse négative, ou l’absence d’interrogation, bloque la procédure pour l’année concernée. À 70 ans, la mise à la retraite devient possible sans accord.

En savoir plus : À quel âge peut-on arrêter de travailler avant l’âge légal de la retraite ?

Comment se calcule l’indemnité de départ volontaire à la retraite ?

C’est la grande particularité de cette convention : l’indemnité n’est pas exprimée en mois de salaire croissant par année, mais en pourcentage du salaire annuel brut, par paliers d’ancienneté.

Le barème conventionnel progresse par paliers de dix ans

L’article 4.4.2 fixe trois paliers, sans proratisation entre eux et sans montant avant 10 ans d’ancienneté.

Ancienneté révolueIndemnité conventionnelleÉquivalent en mois
10 ans20 % du salaire annuel brut≈ 2,4 mois
20 ans40 % du salaire annuel brut≈ 4,8 mois
30 ans et plus60 % du salaire annuel brut≈ 7,2 mois

La base de calcul est le salaire brut versé au cours des 12 derniers mois de présence effective, hors remboursements de frais, par renvoi à la base de l’indemnité de licenciement. Un salarié totalisant 22 ans d’ancienneté avec 45 000 € bruts annuels perçoit ainsi 18 000 € (40 %).

Le barème conventionnel reste supérieur au minimum légal de départ

Pour un départ volontaire, le minimum légal est modeste : un demi-mois après 10 ans, 1,5 mois après 20 ans, 2 mois après 30 ans. Aux trois paliers prévus, le barème conventionnel des télécoms est donc nettement plus avantageux. La comparaison doit toutefois porter sur les sommes réellement calculées, les bases de salaire conventionnelle et légale n’étant pas strictement identiques.

Quelle indemnité en cas de mise à la retraite par l’employeur ?

Le barème conventionnel est le même que pour le départ volontaire : 20 %, 40 % puis 60 % du salaire annuel brut, sans majoration d’âge. Mais un mécanisme change tout.

Le plancher légal de licenciement dépasse souvent le barème conventionnel

Contrairement au départ volontaire, l’indemnité de mise à la retraite ne peut jamais être inférieure à l’indemnité légale de licenciement (un quart de mois par an jusqu’à 10 ans, puis un tiers au-delà). Or, à base identique, ce plancher légal se révèle supérieur au barème conventionnel dès les paliers cités.

AnciennetéBarème conventionnelMinimum légal de licenciement
10 ans≈ 2,4 mois2,5 mois
20 ans≈ 4,8 mois≈ 5,83 mois
30 ans≈ 7,2 mois≈ 9,17 mois

En pratique, le salarié mis à la retraite perçoit donc le plus souvent l’indemnité légale, plus favorable. Le texte conventionnel le prévoit expressément : le salarié touche l’indemnité de retraite ou, si elle est plus élevée, l’indemnité légale de licenciement. Il faut faire les deux calculs avant de valider tout document de solde.

Quel préavis selon votre groupe et votre mode de départ ?

Le préavis dépend du groupe de classification (A à G), mais aussi du mode de départ : la mise à la retraite et le départ volontaire ne suivent pas le même régime.

Mise à la retraite (préavis conventionnel de licenciement, art. 4.4.1) :

  • Groupes A et B : 1 mois, porté à 2 mois au-delà de 2 ans d’ancienneté.
  • Groupes C et D : 2 mois.
  • Groupes E, F et G (cadres) : 3 mois.

Départ volontaire (renvoi au préavis légal, art. L. 1234-1) :

  • De 6 mois à 2 ans : 1 mois.
  • Au-delà de 2 ans : 2 mois, y compris pour les cadres selon le Code du travail numérique.

⚠️ La convention renvoyant par ailleurs à son préavis de licenciement, un préavis de 3 mois peut être exigé des cadres en départ volontaire : en cas de doute, vérifiez votre accord d’entreprise et votre contrat. La rupture conventionnelle, elle, n’emporte aucun préavis.

Comment se calcule l’indemnité de rupture conventionnelle ?

La rupture conventionnelle ouvre droit à une indemnité spécifique, dont le montant se négocie mais ne peut jamais être inférieur à un plancher légal.

Le plancher est l’indemnité légale de licenciement

Quel que soit l’accord trouvé, l’indemnité de rupture conventionnelle ne peut descendre sous l’indemnité légale de licenciement : un quart de mois de salaire par année d’ancienneté jusqu’à 10 ans, puis un tiers de mois par année au-delà. C’est le socle garanti au salarié, dès 8 mois d’ancienneté.

Le barème conventionnel de licenciement sert de référence à la négociation

La convention des télécoms prévoit, pour le licenciement, un barème nettement plus favorable (article 4.4.1.2). S’il ne s’impose pas automatiquement à la rupture conventionnelle, il constitue la référence habituelle de la négociation.

Ancienneté / situationIndemnité conventionnelle de licenciement
Jusqu’à 9 ans révolus3 % du salaire annuel brut par année
Tranche de 10 à 25 ans4 % du salaire annuel brut par année
50 ans et plus, 10 ans d’ancienneté36 % du salaire annuel brut (majoration d’âge incluse)
50 ans et plus, 20 ans d’ancienneté81 % du salaire annuel brut (majoration d’âge incluse)
Plafond conventionnel101 % du salaire annuel brut, toutes majorations comprises

La base de calcul est le salaire brut des 12 derniers mois, hors remboursements de frais. Pour un départ avant l’âge légal, l’indemnité de rupture conventionnelle est exonérée d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales dans la limite de 2 PASS (96 120 € en 2026).

La procédure est encadrée par des délais, sans préavis

Contrairement au départ volontaire, la rupture conventionnelle n’emporte pas de préavis. Après le ou les entretiens et la signature, s’ouvre un délai de rétractation de 15 jours calendaires, puis l’homologation par la DREETS, qui dispose de 15 jours ouvrables pour se prononcer. Le contrat prend fin au plus tôt le lendemain de l’homologation.

En savoir plus : Rupture conventionnelle et retraite

Départ volontaire ou rupture conventionnelle : que choisir ?

À indemnité conventionnelle comparable, le régime fiscal et social départage nettement ces deux options.

CritèreDépart volontaireRupture conventionnelle
InitiativeSalariéAccord commun
Impôt sur le revenuImposable en totalitéExonéré si départ avant l’âge légal
Cotisations socialesDues en totalitéExonérées jusqu’à 2 PASS (96 120 € en 2026)
Préavis / délai1 à 3 mois selon le groupe (A à G)Aucun préavis : rétractation puis homologation
Maîtrise du calendrierSalarié seulNégociée

La rupture conventionnelle est fiscalement et socialement bien plus avantageuse, mais elle reste conditionnée à l’accord de l’employeur. Le départ volontaire garantit, lui, une sortie à la date choisie par le salarié.

En savoir plus : L’imposition de la prime de départ à la retraite

En résumé

Dans les télécommunications (IDCC 2148), l’indemnité de fin de carrière se calcule en pourcentage du salaire annuel brut : 20 % à 10 ans, 40 % à 20 ans, 60 % à 30 ans, pour un départ volontaire comme pour une mise à la retraite. Mais en cas de mise à la retraite, le minimum légal de licenciement s’avère souvent supérieur et s’applique alors en priorité. Le préavis varie de 1 à 3 mois selon le groupe (A à G). Enfin, pour un départ avant l’âge légal, la rupture conventionnelle offre un régime fiscal et social nettement plus favorable que le départ volontaire. Chaque situation méritant un double calcul, un bilan personnalisé reste le meilleur moyen de sécuriser le montant.

Avant de trancher, faites le point sur votre situation. Un bilan retraite personnalisé permet de simuler vos indemnités, de comparer les modes de départ et de choisir la date la plus favorable pour optimiser vos revenus.

Elle est de 20 % du salaire annuel brut après 10 ans d’ancienneté, 40 % après 20 ans et 60 % après 30 ans. Ce barème s’applique au départ volontaire comme à la mise à la retraite. Aucune indemnité conventionnelle n’est prévue en dessous de 10 ans.

Sur le plan de l’indemnité, oui : la mise à la retraite est garantie au minimum par l’indemnité légale de licenciement, souvent supérieure au barème conventionnel. Il faut faire les deux calculs et retenir le montant le plus favorable.

Le préavis dépend de votre groupe : 1 à 2 mois pour les groupes A et B, 2 mois pour les groupes C et D, 3 mois pour les cadres des groupes E, F et G.

Jamais avant l’âge du taux plein automatique (67 ans pour les générations nées à partir de 1969). Entre cet âge et 69 ans, votre accord écrit est requis chaque année ; à 70 ans, la mise à la retraite d’office devient possible.

Oui, l’indemnité de départ volontaire à la retraite est imposable à l’impôt sur le revenu et soumise aux cotisations sociales en totalité.

Non. Le départ volontaire à la retraite n’est pas conditionné au taux plein : il suffit d’avoir atteint l’âge légal d’ouverture des droits. Le taux plein détermine le montant de la pension, pas le droit à partir.

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