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Dans La Banque, Le Départ à La Retraite Est Encadré Par La Convention Collective IDCC 2120.

Départ à la retraite dans la banque (CCN 2120) : préavis, indemnités et conditions en 2026

Conseiller clientèle, chargé d’affaires, gestionnaire ou cadre du réseau : si vous travaillez dans un établissement bancaire, votre fin de carrière est régie par la Convention collective nationale de la banque (IDCC 2120). Combien de temps de préavis prévoir ? Quelle indemnité espérer selon que vous partez de votre plein gré ou que votre employeur vous met à la retraite ? Comment se calcule la fameuse « mensualité » bancaire ? Cet article décrypte, articles officiels à l’appui, le préavis, les indemnités de fin de carrière, leur fiscalité et les vérifications à mener avant d’arrêter votre décision.

La convention collective de la banque (IDCC 2120) en bref

Le secteur bancaire relève d’une convention nationale récente, qui a remplacé l’ancienne convention de 1952 et introduit ses propres règles de fin de carrière.

Une convention négociée au niveau de la branche

Entrée en vigueur au début des années 2000, elle s’applique largement.

  • La Convention collective nationale de la banque a été signée le 10 janvier 2000 (IDCC 2120, brochure 3161).
  • Elle a été étendue par arrêté du 17 novembre 2004, s’imposant à l’ensemble des établissements du secteur.
  • Les dispositions de fin de carrière figurent aux articles 31 (départ à la retraite) et 32 (mise à la retraite).
  • Elle couvre environ 221 700 salariés des banques commerciales et de réseau.

Deux grandes catégories : techniciens et cadres

La convention distingue les salariés selon leur positionnement, ce qui influe sur les plafonds d’indemnités.

  • Les techniciens des métiers de la banque, pour les fonctions d’exploitation et de gestion.
  • Les cadres, pour l’encadrement, l’expertise et la direction d’activités.
  • Cette distinction joue surtout sur le plafond de l’indemnité de licenciement (voir plus bas).

La notion de « mensualité », propre à la banque

Point à connaître avant tout calcul : les indemnités s’expriment en mensualités, et non en mois de salaire classiques.

  • La mensualité correspond à 1/13 du salaire de base annuel des 12 derniers mois civils.
  • Elle reflète la structure de rémunération du secteur, traditionnellement versée sur 13 mois.
  • Une mensualité est donc légèrement inférieure à un mois de salaire perçu, ce qu’il faut garder en tête.
  • Vérifiez la mention « IDCC 2120 » sur votre bulletin de paie pour confirmer votre rattachement.

En savoir plus : Les différents modes de départ à la retraite

Quels sont les modes de départ en fin de carrière ?

Dans la banque, mettre un terme à sa carrière peut emprunter plusieurs voies, selon l’auteur de la rupture. Chacune répond à des règles propres de préavis et d’indemnisation.

Le départ volontaire à la retraite

Le salarié décide seul de cesser son activité pour liquider sa pension.

  • L’initiative revient au salarié, qui informe son employeur et exécute son préavis.
  • Il est ouvert dès l’âge légal, compris entre 62 et 64 ans selon l’année de naissance.
  • Il donne droit à une indemnité conventionnelle, sous condition d’ancienneté (article 31).

La mise à la retraite par l’employeur

L’employeur prend l’initiative, dans un cadre encadré par la loi.

  • Elle n’est possible d’office qu’à partir de 70 ans, et suppose l’accord du salarié entre 67 et 69 ans.
  • Elle ne s’analyse pas en licenciement, mais en mode de rupture autonome.
  • Elle ouvre droit à une indemnité spécifique, parfois majorée (article 32).

La rupture conventionnelle

Négociée, elle offre une sortie souple avant la retraite.

  • Elle résulte d’un accord des deux parties, soumis à homologation.
  • Son indemnité ne peut descendre sous l’indemnité conventionnelle de licenciement (article 26.2).
  • Elle est appréciée des cadres qui souhaitent partir avant le taux plein, pour son régime social avantageux.

En savoir plus : Rupture conventionnelle avant la retraite

Quelle est la durée du préavis applicable ?

Le préavis diffère nettement selon que le départ émane du salarié ou de l’employeur.

Le préavis de départ volontaire à la retraite

Quand le salarié part de lui-même, la durée suit celle du licenciement prévue à l’article 30 et varie selon la catégorie.

  • Technicien des métiers de la banque, moins de 2 ans d’ancienneté : 1 mois.
  • Technicien, 2 ans d’ancienneté et plus : 2 mois
  • Cadre : 3 mois, quelle que soit l’ancienneté.

Le préavis de mise à la retraite

Lorsque l’employeur décide, le délai est plus long et uniforme.

  • La durée est fixée à 3 mois, pour les techniciens comme pour les cadres, sans condition d’ancienneté.
  • Pour un travailleur handicapé, elle est doublée, dans la limite de 3 mois.
  • Le non-respect du préavis ouvre droit à une indemnité compensatrice.

Quelle indemnité de départ volontaire à la retraite percevez-vous ?

Contrairement à d’autres branches, la banque réserve l’indemnité de départ volontaire aux carrières longues : il faut au moins 10 ans d’ancienneté.

Le barème conventionnel par ancienneté

L’article 31 fixe une progression par paliers, exprimée en mensualités.

Ancienneté dans l’entrepriseIndemnité de départ
10 à 14 ans2/3 de mensualité
15 à 19 ans1,25 mensualité
20 à 29 ans2 mensualités
30 ans et plus2,5 mensualités + 1/20 par année au-delà de la 31e
  • Aucune indemnité n’est due en deçà de 10 ans d’ancienneté.
  • Les montants s’entendent en mensualités (1/13 du salaire annuel), et non en mois de salaire.
  • Le barème s’applique aussi en cas de départ anticipé (carrière longue, travailleur handicapé).

Le salaire de référence retenu

La base de calcul retient la formule la plus favorable au salarié.

  • Soit le 1/12 de la rémunération brute des 12 derniers mois.
  • Soit le 1/3 de la rémunération des 3 derniers mois, primes annuelles comptées au prorata.
  • Pour l’indemnité conventionnelle, la mensualité se calcule toutefois sur 1/13 du salaire de base annuel.

Un exemple de calcul

Prenons une gestionnaire de clientèle partant volontairement à la retraite après 25 ans, avec une mensualité de référence de 3 200 €.

  • Son ancienneté ouvre droit à 2 mensualités (tranche 20 à 29 ans).
  • Son indemnité s’élève à 2 × 3 200 = 6 400 € bruts.

En savoir plus : Le montant de votre indemnité de départ en retraite

Mise à la retraite : quelle indemnité et quelles conditions d’âge ?

Lorsque l’employeur engage le départ, les conditions d’âge relèvent du Code du travail et l’indemnité combine un socle légal et une éventuelle majoration conventionnelle.

Les conditions d’âge fixées par le Code du travail

La décision de l’employeur est strictement bornée.

Âge du salariéPossibilité pour l’employeur
Avant 67 ansMise à la retraite impossible (sauf voie dérogatoire)
67 à 69 ansPossible uniquement avec l’accord du salarié
À partir de 70 ansMise à la retraite d’office possible

Le montant de l’indemnité de mise à la retraite

L’article 32 renvoie à l’indemnité légale de licenciement, assortie d’une majoration selon l’âge.

  • Socle : 1/4 de mois de salaire par année jusqu’à 10 ans, puis 1/3 au-delà (indemnité légale de licenciement).
  • Majoration en cas de mise à la retraite avant 65 ans (hors cessation anticipée) : de 2,5 % (à 60 ans) à 0,5 % (à 64 ans) d’une mensualité par année d’ancienneté.
  • Cette majoration s’ajoute au socle légal, sans jamais s’y substituer ; elle concerne surtout la voie dérogatoire décrite plus haut.
  • La base de la majoration est la mensualité (1/13 du salaire de base annuel).

Les indemnités comparées : laquelle est la plus avantageuse ?

Selon le mode de départ, l’écart de montant est important. Le licenciement et la rupture conventionnelle restent les plus favorables pour les longues carrières.

Licenciement, rupture conventionnelle, mise à la retraite, départ volontaire

Chaque mode suit une logique de calcul distincte.

  • Licenciement (article 26.2) : 1/2 × (13/14,5) de mensualité par semestre d’ancienneté acquis avant 2002, puis 1/5 de mensualité par semestre à compter de 2002. Plafond de 15 mensualités pour les salariés embauchés depuis le 1er janvier 2000.
  • Rupture conventionnelle : indemnité au moins égale à l’indemnité conventionnelle de licenciement, négociable à la hausse.
  • Mise à la retraite : indemnité légale de licenciement (1/4 puis 1/3), éventuellement majorée selon l’âge.
  • Départ volontaire : de 2/3 à plus de 2,5 mensualités selon l’ancienneté, à partir de 10 ans.

À base comparable, la mise à la retraite est généralement plus favorable que le départ volontaire : son indemnité minimale relève du barème légal de licenciement (1/4 puis 1/3), supérieur au barème conventionnel du départ volontaire. Le salarié ne peut toutefois pas la choisir, puisque l’initiative appartient à l’employeur, et il ne peut percevoir qu’une seule indemnité de départ ou de mise à la retraite. Le choix ne se résume d’ailleurs pas au montant brut : la fiscalité pèse lourd.

Le plafond selon la date d’embauche

Le plafond de l’indemnité de licenciement varie selon l’ancienneté dans la branche.

  • Salariés embauchés jusqu’au 31 décembre 1999 : 24 × (13/14,5) mensualités pour les cadres, 18 × (13/14,5) pour les techniciens.
  • Salariés embauchés à partir du 1er janvier 2000 : 15 mensualités, quelle que soit la catégorie.

Quelle fiscalité et quelles cotisations sociales pour votre indemnité ?

Le montant brut ne préjuge pas du net : le traitement fiscal et social change fortement d’un mode de départ à l’autre.

Le départ volontaire à la retraite

C’est l’option la moins favorable : l’indemnité est assimilée à un salaire.

  • Elle est imposable en totalité, dans la catégorie des traitements et salaires.
  • Elle est soumise aux cotisations sociales, à la CSG et à la CRDS dès le premier euro.
  • Elle peut néanmoins bénéficier, sur demande, du système du quotient pour lisser l’impôt.

La rupture conventionnelle

Son régime est nettement plus avantageux, avec une réserve fiscale liée à l’âge.

  • L’indemnité est exonérée de cotisations sociales jusqu’à 2 PASS (96 120 € en 2026), à tout âge.
  • La CSG et la CRDS sont exonérées sur la part exonérée de cotisations, et dues au-delà.
  • Elle est exonérée d’impôt dans les limites légales tant que le salarié n’est pas en droit de liquider sa retraite, soit avant l’âge légal.
  • Dès l’âge légal atteint, l’indemnité devient imposable dès le premier euro, mais conserve son exonération sociale.

La mise à la retraite

Elle profite d’un régime allégé, comparable à la rupture conventionnelle.

  • Elle est exonérée d’impôt sur le revenu dans les limites légales.
  • L’exonération de cotisations sociales s’applique jusqu’à 2 PASS (96 120 € en 2026).
  • La CSG et la CRDS restent dues sur la fraction excédentaire.

En savoir plus : Imposition de la prime de départ en retraite

Points de vigilance avant votre départ

Quelques contrôles préalables sécurisent vos droits et optimisent indemnité comme pension.

  • Déterminez votre catégorie (technicien ou cadre) et votre date d’embauche : elles fixent le plafond d’indemnité de licenciement.
  • Vérifiez votre ancienneté précise : l’indemnité de départ volontaire n’est due qu’à partir de 10 ans.
  • Ne confondez pas mensualité (1/13 du salaire annuel) et mois de salaire perçu, pour ne pas surestimer votre indemnité.
  • Comparez les scénarios : au-delà de 10 ans, une rupture conventionnelle est souvent plus favorable qu’un départ volontaire.
  • Anticipez la date de départ pour cumuler taux plein, surcote éventuelle et indemnité la plus avantageuse.

En résumé : la convention de la banque (IDCC 2120) réserve l’indemnité de départ volontaire aux salariés de 10 ans d’ancienneté et plus, selon un barème de 2/3 à plus de 2,5 mensualités. La mise à la retraite renvoie à l’indemnité légale de licenciement, avec un préavis de 3 mois. Pour les longues carrières et les cadres, le licenciement et la rupture conventionnelle, calculés par semestre d’ancienneté (plafond 15 mensualités), restent les plus généreux. Particularité à retenir : tout se calcule en mensualités, soit 1/13 du salaire annuel. Au-delà du montant brut, c’est l’arbitrage entre mode de départ, taux plein et calendrier qui détermine vos revenus futurs.

Avant de trancher, faites le point sur votre situation. Un bilan retraite personnalisé permet de simuler vos indemnités, de comparer les modes de départ et de choisir la date la plus favorable pour optimiser vos revenus.

Le départ volontaire ouvre droit à une indemnité conventionnelle à partir de 10 ans d’ancienneté : 2/3 de mensualité (10-14 ans), 1,25 mensualité (15-19 ans), 2 mensualités (20-29 ans), puis 2,5 mensualités majorées au-delà de 30 ans. La mensualité correspond à 1/13 du salaire de base annuel.

En cas de départ volontaire, le préavis dépend de la catégorie (article 30) : 1 mois pour un technicien de moins de 2 ans, 2 mois pour un technicien de 2 ans et plus, et 3 mois pour un cadre quelle que soit l’ancienneté. En cas de mise à la retraite par l’employeur, il est de 3 mois pour tous, sans condition d’ancienneté.

La mise à la retraite d’office n’est possible qu’à partir de 70 ans. Entre 67 et 69 ans, l’employeur doit obtenir l’accord du salarié, qui peut refuser chaque année. Avant 67 ans, elle est impossible.

C’est la base de calcul des indemnités : elle correspond à 1/13 du salaire de base annuel perçu au cours des 12 derniers mois civils. Elle reflète la rémunération sur 13 mois du secteur, et reste légèrement inférieure à un mois de salaire effectivement perçu.

Pour une longue carrière, la rupture conventionnelle est souvent plus avantageuse : son indemnité, alignée sur le barème de licenciement (jusqu’à 15 mensualités), dépasse le départ volontaire, et elle reste exonérée de cotisations sociales jusqu’à 2 PASS. En savoir plus : Rupture conventionnelle avant la retraite

Partir avant d’avoir atteint le taux plein applique une décote définitive à votre pension, souvent plus lourde que le gain d’une indemnité. Choisir la bonne date permet de cumuler taux plein, surcote éventuelle et indemnité la plus favorable. En savoir plus : Retraite à taux plein et trimestres requis

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