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Départ à la retraite des cadres du bâtiment (CCN 2420) : préavis, indemnités et conditions en 2026

Vous êtes cadre dans le bâtiment et la retraite approche ? Avant de poser votre départ, mieux vaut connaître vos droits, car ils dépendent d’une convention propre aux cadres, distincte de celle des ouvriers et des ETAM. Quel préavis respecter ? Quelle indemnité espérer selon que vous partez volontairement ou que votre employeur vous met à la retraite ? La rupture conventionnelle est-elle plus avantageuse ? Cet article fait le point, barème officiel à l’appui (CCN des cadres du bâtiment, IDCC 2420), sur le préavis, les quatre indemnités de fin de carrière, leur fiscalité et les points de vigilance à anticiper.

La convention collective des cadres du bâtiment (IDCC 2420) en bref

Avant d’examiner vos droits au moment du départ, une précision s’impose. Dans le bâtiment, les cadres relèvent d’une convention qui leur est propre, dont les règles de fin de carrière diffèrent sensiblement de celles applicables aux autres salariés du secteur.

Une convention propre aux cadres, distincte des ouvriers et des ETAM

Le BTP ne connaît pas de texte unique, contrairement à la métallurgie depuis 2024. Chaque statut dispose de sa propre convention, et celle des cadres possède ses spécificités.

  • La Convention collective nationale des cadres du bâtiment date du 1er juin 2004 (IDCC 2420, brochure 3322) et s’applique depuis le 1er janvier 2005.
  • Elle vise les ingénieurs, assimilés et cadres des entreprises du bâtiment, en France métropolitaine.
  • Les ouvriers (IDCC 1596 et 1597) et les ETAM (IDCC 2609) relèvent de conventions séparées.
  • Le statut de cadre se détermine par la fonction et la classification, indépendamment de la taille de l’entreprise.

Une convention non étendue : ce que cela change pour vous

C’est une particularité majeur, cette convention n’a pas été étendue à toutes les entreprises du secteur, le texte ne s’applique qu’aux entreprises adhérentes des organisations signataires (FFB, CAPEB, FFIE, FNSCOP). À défaut d’adhésion de l’employeur, ce sont les règles du Code du travail qui s’appliquent, souvent moins favorables.

Le bon réflexe : vérifier la mention « IDCC 2420 » ou « Cadres du bâtiment » sur votre bulletin de paie.

Les cadres et les entreprises concernés

L’application de la convention dépend de l’activité réellement exercée par l’entreprise, le code APE attribué par l’INSEE ne constituant qu’une simple présomption. Sont notamment visées les activités du bâtiment suivantes :

  • Maçonnerie, travaux de béton armé, terrassement et démolition
  • Couverture, plomberie, installations sanitaires et étanchéité
  • Génie climatique, chauffage, ventilation et installation électrique
  • Menuiserie, serrurerie, plâtrerie, peinture et travaux de finition

Pour les entreprises exerçant à la fois des activités de bâtiment et de travaux publics, des règles spécifiques déterminent la convention applicable selon la part de chaque activité dans l’effectif.

Quels sont les modes de départ en fin de carrière ?

La fin de carrière d’un cadre du bâtiment peut prendre plusieurs formes, selon que l’initiative vient du salarié ou de l’employeur. Chacune obéit à des règles propres de préavis et d’indemnisation, qu’il faut bien distinguer avant de décider.

Le départ volontaire à la retraite

Le départ volontaire intervient lorsque le cadre choisit lui-même de cesser son activité pour liquider sa pension de vieillesse.

  • L’initiative vient du salarié, qui notifie son employeur et respecte un préavis
  • Il ouvre droit à une indemnité conventionnelle spécifique
  • La convention en réserve toutefois le bénéfice à certaines conditions d’âge (voir plus bas)

La mise à la retraite par l’employeur

À l’inverse, la mise à la retraite résulte d’une décision de l’employeur, strictement encadrée par le Code du travail.

  • Elle ne peut intervenir d’office qu’à partir de 70 ans, et seulement avec l’accord du salarié entre 67 et 69 ans
  • Elle ne constitue pas un licenciement, mais une cause autonome de rupture
  • Elle ouvre droit à une indemnité conventionnelle propre (article 7.7), plus favorable que celle du départ volontaire

La rupture conventionnelle

Troisième voie, la rupture conventionnelle repose sur un accord négocié entre les deux parties, homologué par l’administration.

  • Son indemnité ne peut être inférieure à l’indemnité conventionnelle de licenciement
  • Elle est souvent privilégiée en fin de carrière pour sa souplesse et son régime social et fiscal
  • Elle permet d’organiser une transition négociée vers la retraite, notamment avant le taux plein

En savoir plus : Les différents modes de départ à la retraite

Quelle est la durée du préavis applicable ?

Pour la retraite, qu’elle soit à l’initiative du cadre ou de l’employeur, la règle du préavis est unique.

Le préavis de départ ou de mise à la retraite

Pour le départ volontaire (article 7.12) comme pour la mise à la retraite (article 7.9), la durée est identique et ne dépend d’aucune condition.

  • La durée est fixée à 3 mois, quel que soit l’âge et l’ancienneté du cadre

Le préavis de licenciement et de démission

En cas de licenciement ou de démission, la durée dépend en revanche de l’ancienneté du cadre dans l’entreprise.

  • Moins de 2 ans d’ancienneté : 2 mois de préavis
  • 2 ans d’ancienneté et plus : 3 mois de préavis.

Quelle indemnité de départ volontaire à la retraite percevez-vous ?

Lorsque le cadre prend lui-même l’initiative de partir, il peut percevoir une indemnité de départ, à condition de remplir certaines conditions d’âge. Son montant dépend ensuite de l’ancienneté.

Les conditions d’âge pour en bénéficier

Contrairement à une idée répandue, l’indemnité de départ volontaire n’est pas ouverte à tout âge : la convention la réserve aux cadres proches ou en mesure de liquider leur retraite à taux plein.

  • À partir de l’âge légal si le cadre remplit les conditions du taux plein du régime général
  • Avant l’âge légal, en cas de départ anticipé ouvrant droit au taux plein

Le barème conventionnel par ancienneté

L’indemnité se calcule en mois de rémunération, selon un barème progressif, à partir de 2 ans d’ancienneté.

  • de 2 à 10 ans : 1,5/10 de mois par année d’ancienneté
  • au-delà de 10 ans : 3/10 de mois par année d’ancienneté

Le montant total est plafonné à 8 mois de rémunération.

Un exemple de calcul

Prenons un chef de chantier partant volontairement à la retraite après 25 ans dans la même entreprise, avec une rémunération de référence de 4 000 €.

  • Pour les 10 premières années : 1,5/10 × 10 = 1,5 mois
  • Pour les 15 années suivantes : 3/10 × 15 = 4,5 mois
  • Soit 6 mois au total, sous le plafond de 8 mois, soit une indemnité de 24 000 € bruts

En savoir plus : Le montant de votre indemnité de départ en retraite

Mise à la retraite : quelle indemnité et quelles conditions d’âge ?

Lorsque c’est l’employeur qui prend l’initiative, on parle de mise à la retraite. Les conditions d’âge relèvent du Code du travail, mais le montant de l’indemnité suit un barème conventionnel propre, plus favorable que celui du départ volontaire.

Les conditions d’âge fixées par le Code du travail

La mise à la retraite n’est pas laissée à la libre décision de l’employeur : la loi l’encadre strictement selon l’âge du cadre.

  • Avant 67 ans, la mise à la retraite est impossible
  • Entre 67 et 69 ans, elle suppose l’accord du cadre, interrogé chaque année et libre de refuser
  • À partir de 70 ans, l’employeur peut la prononcer d’office

Le barème conventionnel de l’indemnité

L’indemnité de mise à la retraite se calcule en mois de rémunération à partir de 2 ans d’ancienneté, sur des taux supérieurs à ceux du départ volontaire.

  • de 2 à 10 ans : 2/10 de mois par année d’ancienneté
  • au-delà de 10 ans : 5/10 de mois par année d’ancienneté

Le montant total est plafonné à 12 mois de rémunération.

Les 4 indemnités comparées : laquelle est la plus avantageuse ?

À situation égale, les quatre modes de rupture n’aboutissent pas au même montant. La convention organise une hiérarchie claire entre licenciement, mise à la retraite et départ volontaire.

Licenciement, rupture conventionnelle, mise à la retraite, départ volontaire

Les quatre indemnités se calculent toutes à partir de 2 ans d’ancienneté, mais sur des taux et des plafonds différents.

  • Licenciement : 3/10 de mois par année jusqu’à 10 ans, 6/10 au-delà, plafond 15 mois, majoré de 10 % après 55 ans
  • Rupture conventionnelle : indemnité au moins égale à l’indemnité de licenciement applicable légale ou conventionnelle si l’entreprise relève de la convention. Un montant supérieur peut être négocié.
  • Mise à la retraite : 2/10 de mois par année jusqu’à 10 ans, 5/10 au-delà, plafond 12 mois
  • Départ volontaire : 1,5/10 de mois par année jusqu’à 10 ans, 3/10 au-delà, plafond 8 mois

Autrement dit, à ancienneté identique, le licenciement et la rupture conventionnelle restent les plus favorables, devant la mise à la retraite, puis le départ volontaire ». C’est un élément clé pour arbitrer sa fin de carrière.

Le salaire de référence et l’ancienneté retenus

Quel que soit le barème, la base de calcul et l’ancienneté obéissent aux mêmes règles :

  • Le salaire de référence correspond à la rémunération du dernier mois précédant la notification, majorée du 1/12 de la part variable des 12 derniers mois
  • L’ancienneté retenue inclut les périodes successives dans l’entreprise ou le groupe, fractions arrondies au 1/12
  • Les éléments exceptionnels de rémunération sont intégrés au prorata

Quelle fiscalité et quelles cotisations sociales pour votre indemnité ?

Le montant brut n’est pas le montant perçu : le traitement fiscal et social varie fortement selon le mode de départ.

Le départ volontaire à la retraite

Le départ volontaire est le moins avantageux fiscalement : l’indemnité est traitée comme un revenu ordinaire.

  • Elle est imposable en totalité, dans la catégorie des traitements et salaires
  • Elle est soumise aux cotisations sociales ainsi qu’à la CSG et la CRDS dès le premier euro
  • Son montant net s’en trouve nettement réduit

La rupture conventionnelle

La rupture conventionnelle bénéficie d’un régime plus favorable, mais qui dépend de l’âge du salarié pour le seul volet fiscal.

  • L’indemnité est exonérée de cotisations sociales jusqu’à 2 PASS (96 120 € en 2026), quel que soit l’âge du salarié, depuis la réforme du 1er septembre 2023.
  • La CSG et la CRDS sont exonérées sur la part exonérée de cotisations, et dues au-delà.
  • Côté impôt sur le revenu, l’indemnité est exonérée dans les limites légales tant que le salarié n’est pas en droit de liquider sa retraite, c’est-à-dire avant l’âge légal (entre 62 et 64 ans selon l’année de naissance).

⚠️ Dès l’âge légal atteint, l’indemnité devient imposable dès le premier euro, mais reste exonérée de cotisations sociales : l’avantage social, lui, subsiste.

La mise à la retraite

La mise à la retraite bénéficie au contraire d’un régime allégé, dans certaines limites liées au plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS).

  • Elle est exonérée d’impôt sur le revenu dans les limites légales
  • L’exonération de cotisations sociales s’applique jusqu’à 2 PASS (96 120 € en 2026)
  • La CSG et la CRDS restent dues sur la fraction excédentaire

En savoir plus : Imposition de la prime de départ en retraite

Départ volontaire ou rupture conventionnelle : que choisir ?

Pour un cadre souhaitant partir avant le taux plein, la comparaison est déterminante.

ÉlémentDépart volontaireRupture conventionnelle
Cotisations socialesIntégralement cotiséExonérée jusqu’à 2 PASS, à tout âge
CSG / CRDSDues sur la totalitéExonérées sur la part exonérée de cotisations
Impôt sur le revenuImposable en totalitéExonérée avant l’âge légal ; imposable au-delà

En pratique, la rupture conventionnelle reste plus avantageuse que le départ volontaire à tout âge sur le plan des cotisations sociales. Avant l’âge légal, elle l’est aussi sur le plan fiscal. À partir de l’âge légal, l’indemnité devient imposable comme un départ volontaire, mais conserve son exonération de cotisations : elle garde donc l’avantage.

Points de vigilance avant votre départ

Quelques vérifications, faites en amont, permettent de sécuriser vos droits et d’optimiser le montant de votre indemnité comme celui de votre pension.

  • Vérifiez d’abord que la convention 2420 s’applique réellement : à défaut d’adhésion de l’employeur, seules les règles, moins favorables, du Code du travail jouent
  • Contrôlez votre ancienneté exacte à la date de rupture : elle conditionne directement le nombre de mois d’indemnité.
  • Comparez les scénarios : licenciement, mise à la retraite et départ volontaire n’offrent ni le même barème ni la même fiscalité
  • Mesurez l’effet du taux plein : partir sans l’avoir atteint applique une décote définitive à votre pension, bien au-delà du gain d’une indemnité
  • Pensez à votre retraite complémentaire et à votre prévoyance gérées par PRO BTP, qui complètent vos droits du régime général
  • Anticipez la date de départ pour cumuler taux plein, surcote éventuelle et indemnité la plus avantageuse

En résumé : la convention des cadres du bâtiment offre un cadre protecteur, mais à condition d’en vérifier l’application. Le départ volontaire ouvre droit à une indemnité de 1,5/10 à 3/10 de mois par année (plafond 8 mois), la mise à la retraite à un barème plus favorable (2/10 à 5/10, plafond 12 mois), avec un préavis uniforme de 3 mois. Le licenciement reste le plus avantageux des trois. Au-delà du montant de l’indemnité, c’est l’arbitrage entre mode de départ, taux plein et calendrier qui détermine vos revenus futurs.

Avant de prendre votre décision, faites le point sur votre situation :
Une analyse retraite personnalisée vous permet de simuler vos indemnités, de choisir la meilleure option de départ et de planifier votre départ au moment le plus favorable pour optimiser vos revenus futurs.

En cas de départ volontaire, l’indemnité conventionnelle (article 7.10) est de 1,5/10 de mois par année d’ancienneté jusqu’à 10 ans, puis 3/10 au-delà, dans la limite de 8 mois. En cas de mise à la retraite par l’employeur, le barème est plus favorable (article 7.7) : 2/10 puis 5/10 de mois par année, plafonné à 12 mois.

Le préavis est de 3 mois, que le départ soit à l’initiative du cadre ou de l’employeur, quel que soit l’âge et l’ancienneté. En cas de licenciement ou de démission, il est en revanche de 2 mois en deçà de 2 ans d’ancienneté, et de 3 mois au-delà.

La mise à la retraite est impossible avant 67 ans. Entre 67 et 69 ans, elle suppose l’accord du cadre, qui peut refuser chaque année. À partir de 70 ans, l’employeur peut la prononcer d’office.

Non. Cette convention n’a pas été étendue : elle ne s’applique qu’aux entreprises adhérentes des organisations signataires (FFB, CAPEB, FFIE, FNSCOP). À défaut, ce sont les règles du Code du travail qui s’appliquent. Le réflexe : vérifier la mention « IDCC 2420 » sur votre bulletin de paie.

La rupture conventionnelle est plus avantageuse sur le plan des cotisations sociales, exonérées jusqu’à 2 PASS quel que soit l’âge. Avant l’âge légal, elle l’est aussi sur le plan fiscal. Au-delà, l’indemnité devient imposable comme un départ volontaire, mais conserve son exonération de cotisations. En savoir plus : Rupture conventionnelle avant la retraite

Partir avant d’avoir atteint le taux plein applique une décote définitive à votre pension, dont l’effet dépasse souvent le gain d’une indemnité. Choisir la bonne date permet de cumuler taux plein, surcote éventuelle et indemnité la plus favorable. En savoir plus : Retraite à taux plein et trimestres requis

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