Le départ anticipé pour carrière longue permet aux personnes ayant commencé à travailler très jeunes…

Cumul emploi retraite du pharmacien libéral : règles et conditions en 2025
Le cumul emploi retraite permet à un pharmacien libéral de poursuivre ou reprendre une activité professionnelle après avoir liquidé ses droits à la retraite, tout en continuant à percevoir ses pensions. Ce dispositif encadré peut représenter une réelle opportunité de revenus complémentaires, à condition d’en maîtriser les règles. Dans cet article, nous détaillons les conditions du cumul libéralisé et plafonné, les cotisations applicables, les modalités d’accès à une seconde pension, les démarches à effectuer, ainsi que les avantages et limites à anticiper.
Qu’est-ce que le cumul emploi retraite pour un pharmacien libéral ?
Définition du dispositif
Le cumul emploi retraite permet à un pharmacien libéral, déjà retraité, de poursuivre ou reprendre une activité professionnelle tout en continuant de percevoir ses pensions de retraite. Autrement dit, il est possible de combiner des revenus d’activité libérale avec les pensions versées par les régimes de retraite obligatoires, sous réserve de respecter certaines conditions.
Ce dispositif permet une transition progressive vers la retraite et mobiliser l’expertise de professionnels expérimentés, notamment dans un contexte de tensions sur les effectifs.
Pour les pharmaciens libéraux, ce cumul est possible dans deux configurations :
- Le cumul emploi retraite libéralisé (ou intégral), sans plafond de revenus ;
- Le cumul emploi retraite plafonné, avec un plafond annuel basé sur le PASS.
Le choix entre ces deux options dépend de la situation de l’assuré au moment de la première liquidation de ses droits.
Régime de retraite concerné : la CAVP
Les pharmaciens libéraux relèvent, pour leur retraite, de la CAVP (Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens). Ce régime gère à la fois :
- une retraite de base communes aux professions libérales, en points ;
- une retraite complémentaire, en points également ;
- une retraite par capitalisation, qui fonctionne par constitution d’un capital donnant lieu à une rente viagère.
Depuis 2023, les pharmaciens ayant opté pour un cumul emploi retraite libéralisé peuvent acquérir de nouveaux droits. Ces droits donneront lieu, sous conditions, à une seconde pension de retraite.
Cumul emploi retraite libéralisé vs plafonné : quelle différence ?
Les conditions du cumul emploi retraite libéralisé
Le cumul emploi retraite libéralisé, également appelé cumul intégral, permet au pharmacien libéral de percevoir l’intégralité de ses pensions de retraite tout en reprenant une activité professionnelle sans aucune limitation de revenus.
Pour bénéficier de ce dispositif, plusieurs conditions strictes doivent être remplies :
- Avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite, soit entre 62 ans et 64 ans pour les générations nées à partir de 1968 (selon la réforme de 2023) ;
- Justifier d’une retraite à taux plein, c’est-à-dire :
- soit avoir validé le nombre de trimestres requis selon son année de naissance,
- soit avoir atteint l’âge du taux plein automatique à 67 ans, même si tous les trimestres ne sont pas validés ;
- Avoir liquidé l’ensemble de ses régimes de retraite obligatoires, de base et complémentaires, en France comme à l’étranger ;
Lorsque ces conditions sont réunies, le pharmacien peut reprendre son activité sans plafond de revenus, tout en continuant à percevoir la totalité de sa pension de retraite CAVP.
Un autre avantage du cumul libéralisé est qu’il ouvre droit à une seconde pension de retraite, grâce aux cotisations versées après la première liquidation, dans le cadre d’une seconde liquidation (voir plus loin).
Les limites du cumul emploi retraite plafonné
Si le pharmacien libéral ne remplit pas toutes les conditions du cumul intégral, il peut malgré tout continuer ou reprendre une activité, mais dans le cadre d’un cumul emploi retraite plafonné.
Ce régime impose plusieurs restrictions :
- Le revenu issu de l’activité libérale ne doit pas dépasser un plafond annuel, fixé à 47 100 € en 2025, soit le montant du PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale) ;
- Si le pharmacien exerce uniquement sur une partie de l’année, le plafond est ajusté au prorata temporis ;
- En cas de dépassement, les pensions de retraite versées par la CAVP peuvent être réduites ou suspendues, en fonction du montant excédentaire.
Par ailleurs, le cumul plafonné ne permet pas d’acquérir de nouveaux droits à la retraite. Les cotisations sociales restent dues, mais elles ne produisent aucune seconde pension. Cela constitue l’un des inconvénients majeurs de ce dispositif par rapport au cumul libéralisé.
Quelles cotisations CAVP pendant un cumul emploi retraite ?
Que le pharmacien libéral soit en cumul emploi retraite libéralisé ou en cumul plafonné, il reste affilié aux régimes obligatoires de sécurité sociale, et doit donc continuer à verser l’ensemble des cotisations sociales correspondant à son activité professionnelle.
Ces cotisations sont dues à la CAVP (Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens) et couvrent :
- le régime de base (par points) ;
- le régime complémentaire (par points également) ;
- le régime supplémentaire par capitalisation ;
- le régime invalidité-décès.
Tant que l’activité libérale est poursuivie, les cotisations sont dues dans leur intégralité, sur la base des revenus professionnels déclarés.
Peut-on obtenir une seconde pension CAVP ?
Depuis le 1er janvier 2023, les pharmaciens libéraux ayant repris ou poursuivi une activité professionnelle après avoir liquidé leur retraite dans le cadre d’un cumul emploi retraite intégral peuvent bénéficier d’une seconde liquidation de leurs droits.
Les conditions d’accès à cette seconde pension sont strictes :
- Le pharmacien doit être en cumul emploi retraite libéralisé,
- Il doit avoir cotisé après la première liquidation, dans le cadre d’une activité professionnelle exercée à partir du 1er janvier 2023
- Il doit formuler une nouvelle demande de retraite (distincte de la première), après avoir définitivement cessé son activité.
Calcul et plafonds de la seconde pension
Le calcul de la seconde pension obéit à des règles spécifiques, différentes de celles de la retraite initiale :
- Aucune majoration n’est accordée au titre des enfants ou de la situation familiale
- Le montant de la seconde retraite de base libérale est plafonné à 2 355 € bruts par an en 2025, soit 5 % du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS)
- La retraite complémentaire par répartition subit une minoration de 25 % en 2025 par rapport à une liquidation classique
- Pour la retraite complémentaire par capitalisation, la rente viagère est calculée en fonction de l’âge du pharmacien au moment de la demande, sur la base d’un nouveau capital constitué par les cotisations de classe 3 versées après la première liquidation, ainsi que les intérêts produits.
Il est recommandé d’attendre la cessation complète de l’activités libérale avant de demander la liquidation des secondes pensions de retraite.
Quelles démarches effectuer pour cumuler activité et retraite ?
Le pharmacien libéral qui souhaite cumuler retraite et activité professionnelle doit effectuer certaines démarches administratives auprès de la CAVP (Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens).
Avant toute reprise d’activité, il est impératif d’avoir liquidé l’ensemble de ses droits à la retraite, y compris auprès de la CAVP et, le cas échéant, auprès des autres régimes de base et complémentaires (CNAV, Agirc-Arrco, etc.).
Une fois la retraite liquidée, la reprise ou la poursuite d’activité en tant que professionnel libéral doit être signalée à la caisse. Cette déclaration permet à la CAVP de vérifier les conditions du cumul (libéralisé ou plafonné), d’ajuster les appels de cotisations et d’identifier, le moment venu, l’éligibilité à une seconde pension.
Avantages et limites du cumul emploi retraite pour les pharmaciens
Avantages financiers à court et long terme
Le cumul emploi retraite présente des avantages financiers indéniables pour le pharmacien libéral, notamment s’il est réalisé dans le cadre du cumul libéralisé :
- À court terme, il permet de cumuler intégralement les revenus professionnels issus de l’activité libérale avec les pensions de retraite versées par la CAVP (et les autres régimes éventuellement concernés). Cela permet de maintenir un niveau de vie élevé à la retraite tout en restant actif.
- À long terme, les pharmaciens en cumul libéralisé peuvent générer de nouveaux droits à la retraite grâce aux cotisations versées après leur première liquidation. Cela se traduit par le versement d’une seconde pension, qui s’ajoute aux pensions initiales, dans la limite des plafonds fixés.
Ce dispositif est particulièrement pertinent pour les pharmaciens souhaitant prolonger leur activité quelques années tout en sécurisant un complément de revenu durable, notamment dans un contexte d’allongement de la durée de vie.
Contraintes à anticiper
Malgré ses avantages, le cumul emploi retraite comporte aussi plusieurs contraintes qu’il convient d’anticiper pour éviter de mauvaises surprises :
- Les cotisations sociales restent dues dans tous les cas, même si l’assuré ne génère aucun droit supplémentaire dans le cadre d’un cumul plafonné ;
- En cumul plafonné, les revenus d’activité sont limités, et tout dépassement peut entraîner suspension ou réduction des pensions ;
- La seconde pension reste encadrée et plafonnée, avec un montant généralement modeste (ex. : 2 355 € bruts par an pour la retraite de base en 2025) ;
- Enfin, une fois la seconde pension liquidée, aucun nouveau droit ne peut plus être acquis, même si l’activité continue.
Faut-il liquider sa retraite dès l’âge légal ou continuer à cotiser ?
Le pharmacien libéral atteint un moment clé lorsqu’il atteint l’âge légal de départ à la retraite, Il doit alors faire un choix :
- soit liquider ses droits à la retraite et percevoir ses pensions tout en poursuivant une activité professionnelle dans le cadre d’un cumul emploi retraite ;
- soit différer la liquidation de sa retraite, afin de bénéficier d’une pension définitive plus élevée.
Par exemple, dans le régime complémentaire, l’âge du taux plein automatique est fixé à 67 ans. Un départ anticipé avant cet âge entraîne l’application d’une décote liée à l’âge.
En reportant la liquidation, le pharmacien peut continuer à acquérir de nouveaux droits sans restriction, ce qui est plus avantageux qu’une seconde liquidation de retraite, dont le montant est plafonné et encadré par des limites.
En conclusion, le cumul emploi retraite offre aux pharmaciens libéraux un cadre souple pour prolonger leur activité tout en percevant leurs pensions. S’il permet d’optimiser ses revenus et d’envisager une seconde pension sous conditions, il impose aussi des règles strictes. Bien comprendre les options entre cumul libéralisé ou plafonné, différer ou non sa liquidation, est essentiel pour faire les bons choix au bon moment. Un accompagnement personnalisé peut s’avérer précieux pour sécuriser cette transition et maximiser les bénéfices du dispositif.
Besoin d’un accompagnement personnalisé ?
Nous analysons votre relevé de carrière, simulons le montant de votre pension à différentes dates de départ et vous accompagnons dans les démarches auprès de la CAVP.
Consultez notre service :