Le montant de votre retraite ne correspond pas toujours à ce que vous percevez réellement…
Calcul des cotisations Agirc-Arrco : taux 2026 et impact sur votre pension
Comment sont calculées les cotisations Agirc-Arrco en 2026 ?
Les cotisations Agirc-Arrco sont prélevées sur la rémunération brute des salariés du secteur privé. Elles sont obligatoires et concernent l’ensemble des salariés affiliés au régime général de la Sécurité sociale ou à la Mutualité sociale agricole, qu’ils soient cadres ou non-cadres.
Le calcul repose sur deux éléments essentiels :
- L’assiette des cotisations (c’est-à-dire la base de rémunération retenue).
- Les tranches de salaire, déterminées en fonction du plafond de la Sécurité sociale.
Comprendre ces deux mécanismes permet de savoir combien vous cotisez réellement… et surtout combien de droits à retraite complémentaire vous acquérez.
Quelle est l’assiette des cotisations ?
L’assiette des cotisations correspond à l’ensemble des éléments de rémunération sur lesquels sont calculées les cotisations Agirc-Arrco. Elle est, sauf exception, identique à celle retenue pour les cotisations de Sécurité sociale.
Éléments inclus
Sont notamment intégrés dans l’assiette :
- les salaires bruts et gains ;
- les indemnités de congés payés ;
- les primes, gratifications et bonus ;
- les avantages en nature (véhicule, logement…) ;
- les avantages en espèces ;
- les sommes perçues directement ou par l’intermédiaire d’un tiers.
En pratique, la quasi-totalité de la rémunération brute soumise à cotisations sociales entre dans le calcul des cotisations Agirc-Arrco.
Éléments exclus
Certaines sommes ne sont pas prises en compte :
- les frais professionnels (frais de repas, indemnités de panier, remboursements de déplacement) ;
- les abattements pour frais professionnels ;
- les indemnités de licenciement, de rupture conventionnelle ou de mise à la retraite (dans les limites d’exonération) ;
- les dommages-intérêts exonérés de cotisations sociales ;
- les contributions patronales destinées au financement d’un régime complémentaire de retraite.
Ces exclusions peuvent avoir un impact important en fin de carrière, notamment lors d’un départ négocié.
Cas particuliers
Certaines catégories de salariés relèvent d’une assiette spécifique ou forfaitaire, notamment :
- les travailleurs exerçant hors de France ;
- les salariés à temps partiel cotisant sur une base temps plein ;
- les salariés en congé familial ou en congé de reclassement ;
- les bénéficiaires d’actions de formation ;
- certains préretraités.
Dans ces situations, les règles de calcul peuvent différer et méritent une analyse personnalisée.
Comment fonctionnent les tranches 1 et 2 ?
Les cotisations Agirc-Arrco ne sont pas calculées sur la totalité du salaire sans limite. L’assiette est découpée en tranches en fonction du plafond de la Sécurité sociale (PASS).
En 2026, le plafond annuel de la Sécurité sociale est fixé à 48 060 €, soit 4 005 € par mois.
Deux tranches s’appliquent :
- Tranche 1 : part de salaire comprise entre 0 et 1 fois le plafond.
- Tranche 2 : part de salaire comprise entre 1 et 8 fois le plafond.
Tableau des tranches Agirc-Arrco en 2026
| Tranche | Limites mensuelles | Limites annuelles |
| Tranche 1 | 0 à 4 005 € | 0 à 48 060 € |
| Tranche 2 | 4 005 € à 32 040 € | 48 060 € à 384 480 € |
Concrètement :
- Un salarié gagnant 3 000 € brut par mois cotise uniquement en tranche 1.
- Un salarié gagnant 6 000 € brut cotise en tranche 1 jusqu’à 4 005 €, puis en tranche 2 sur la part excédentaire.
- Au-delà de 8 plafonds de la Sécurité sociale, aucune cotisation Agirc-Arrco supplémentaire n’est due.
Ce mécanisme explique pourquoi le niveau de salaire influence directement le volume de cotisations… et donc le nombre de points acquis pour la retraite complémentaire.
Quels sont les taux de cotisation Agirc-Arrco en 2026 ?
Les cotisations Agirc-Arrco sont calculées en appliquant des taux spécifiques aux tranches de salaire 1 et 2. Ces taux se décomposent en deux éléments :
- un taux contractuel (qui sert au calcul des points) ;
- un taux appelé (ou taux effectif), réellement prélevé sur le salaire.
En 2026, les taux appelés sont les suivants :
| Tranche | Taux total appelé | Taux de calcul des points |
| Tranche 1 | 7,87 % | 6,20 % |
| Tranche 2 | 21,59 % | 17 % |
Cette distinction est essentielle pour comprendre combien vos cotisations génèrent réellement de droits à retraite.
Taux appelés et taux de calcul des points : quelle différence ?
Le taux appelé correspond au taux réellement prélevé sur votre salaire brut.
Il est obtenu en appliquant un pourcentage d’appel de 127 % au taux contractuel.
Formule :
Taux appelé = Taux contractuel × 127 %
Autrement dit :
- 100 % du taux contractuel génère des points ;
- les 27 % supplémentaires servent au financement du régime ;
- cette part ne donne pas de droits supplémentaires.
Exemple en tranche 1 :
- Taux contractuel : 6,20 %
- Taux appelé : 6,20 % × 127 % = 7,87 %
La différence (1,67 %) finance l’équilibre du régime mais ne génère aucun point.
En tranche 2 :
- Taux contractuel : 17 %
- Taux appelé : 21,59 %
Là encore, seule la part correspondant au taux contractuel permet d’acquérir des points Agirc-Arrco.
Cette mécanique est souvent méconnue : une partie des cotisations versées ne produit pas directement de droits à retraite.
Quelle est la répartition entre employeur et salarié ?
La répartition réglementaire des cotisations Agirc-Arrco est fixée à :
- 60 % à la charge de l’employeur ;
- 40 % à la charge du salarié.
Cette règle s’applique sur les tranches 1 et 2, sauf disposition plus favorable prévue par un accord collectif ou une convention de branche.
En 2026, la répartition standard est la suivante :
Tranche 1 (jusqu’au plafond de la Sécurité sociale)
- Part salariale : 3,15 %
- Part patronale : 4,72 %
- Total : 7,87 %
Tranche 2 (entre 1 et 8 plafonds)
- Part salariale : 8,64 %
- Part patronale : 12,95 %
- Total : 21,59 %
Il est important de noter que, même si l’employeur prend en charge 60 % des cotisations, la totalité des droits générés est attribuée au salarié.
Quelles sont les contributions CEG et CET ?
En plus des cotisations principales, deux contributions spécifiques s’appliquent :
La CEG (Contribution d’équilibre général)
Elle vise à compenser les charges liées aux départs avant 67 ans.
Taux en 2026 :
| Tranche | Part salariale | Part patronale | Total |
| Tranche 1 | 0,86 % | 1,29 % | 2,15 % |
| Tranche 2 | 1,08 % | 1,62 % | 2,70 % |
La CEG ne génère aucun point de retraite.
La CET (Contribution d’équilibre technique)
Elle s’applique aux salariés dont la rémunération dépasse le plafond de la Sécurité sociale.
- Assiette : tranches 1 et 2
- Taux total : 0,35 %
- 0,14 % salarié
- 0,21 % employeur
La CET ne génère pas non plus de points.
À ces cotisations peuvent s’ajouter, pour les salariés cadres, la cotisation APEC, prélevée dans la limite de 4 plafonds de la Sécurité sociale.
L’ensemble de ces contributions explique pourquoi le taux global prélevé peut sembler élevé… alors qu’une partie seulement sert réellement à acquérir des points pour votre future retraite complémentaire.
Exemple concret : combien rapporte un salaire de 3 000 €, 6 000 € ou 10 000 € ?
Pour comprendre l’impact réel des cotisations Agirc-Arrco, rien ne vaut un exemple chiffré.
Les simulations ci-dessous sont réalisées à partir des paramètres 2026 :
- Plafond mensuel de la Sécurité sociale : 4 005 €
- Taux contractuels générateurs de points :
- 6,20 % en tranche 1
- 17 % en tranche 2
- Taux appelés :
- 7,87 % en tranche 1
- 21,59 % en tranche 2
- Valeur d’achat du point (hypothèse pédagogique) : 18 €
- Valeur annuelle de service du point (hypothèse pédagogique) : 1,40 €
Les chiffres ci-dessous sont donnés à titre illustratif pour comprendre les mécanismes.
Hypothèse 1 : salaire brut mensuel de 3 000 €
Le salaire se situe entièrement en tranche 1.
- Cotisations totales : 3 000 € × 7,87 % = 236 €
- Part génératrice de points : 3 000 € × 6,20 % = 186 €
- Points acquis sur un an :
186 € × 12 / 18 ≈ 124 points - Pension annuelle estimée :
124 × 1,40 € ≈ 174 € - Pension mensuelle estimée :
environ 14 €
Hypothèse 2 : salaire brut mensuel de 6 000 €
Le salaire est réparti :
- Tranche 1 : 4 005 €
- Tranche 2 : 1 995 €
Cotisations :
- T1 : 4 005 × 7,87 % ≈ 315 €
- T2 : 1 995 × 21,59 % ≈ 430 €
- Total mensuel ≈ 745 €
Part génératrice de points :
- T1 : 4 005 × 6,20 % ≈ 248 €
- T2 : 1 995 × 17 % ≈ 339 €
- Total mensuel ≈ 587 €
Points acquis sur un an :
- 587 × 12 / 18 ≈ 391 points
Pension annuelle estimée :
- 391 × 1,40 € ≈ 547 €
- Soit environ 46 € par mois
Hypothèse 3 : salaire brut mensuel de 10 000 €
Le salaire est réparti :
- Tranche 1 : 4 005 €
- Tranche 2 : 5 995 €
Cotisations :
- T1 : 4 005 × 7,87 % ≈ 315 €
- T2 : 5 995 × 21,59 % ≈ 1 294 €
- Total mensuel ≈ 1 609 €
Part génératrice de points :
- T1 : 4 005 × 6,20 % ≈ 248 €
- T2 : 5 995 × 17 % ≈ 1 019 €
- Total mensuel ≈ 1 267 €
Points acquis sur un an :
- 1 267 × 12 / 18 ≈ 845 points
Pension annuelle estimée :
- 845 × 1,40 € ≈ 1 183 €
- Soit environ 99 € par mois
Tableau comparatif
| Salaire brut mensuel | Cotisations totales mensuelles | Part génératrice de points | Points acquis par an | Pension mensuelle estimée |
| 3 000 € | 236 € | 186 € | 124 | 14 € |
| 6 000 € | 745 € | 587 € | 391 | 46 € |
| 10 000 € | 1 609 € | 1 267 € | 845 | 99 € |
Ce que ces chiffres montrent
- Une part significative des cotisations ne génère pas de points (pourcentage d’appel, CEG, CET).
- Plus le salaire augmente, plus la tranche 2 joue un rôle déterminant.
- Le rendement dépend fortement :
- de la valeur d’achat du point,
- de la valeur de service au moment du départ,
- de la durée de cotisation.
Sur une carrière complète, ces montants s’additionnent évidemment année après année. Mais cet exemple illustre une réalité souvent méconnue : le niveau de cotisation ne se traduit pas mécaniquement par un rendement équivalent en retraite complémentaire.
C’est précisément pourquoi une stratégie de fin de carrière peut modifier significativement le montant final de votre pension.
Comment sont calculés vos points Agirc-Arrco ?
Le régime Agirc-Arrco fonctionne selon un système par points.
Chaque année, vos cotisations génératrices de droits sont transformées en points, qui seront ensuite convertis en pension au moment de votre départ à la retraite.
Le calcul repose sur une formule simple, mais il est essentiel d’en comprendre les paramètres.
La formule de calcul des points
Le nombre de points acquis chaque année est déterminé selon la formule suivante :
Montant des cotisations génératrices de droits ÷ valeur d’achat du point = nombre de points acquis
Seule la part correspondant au taux contractuel (6,20 % en tranche 1 et 17 % en tranche 2 en 2026) est prise en compte.
Exemple simplifié :
Si 5 000 € de cotisations génératrices de droits ont été versées sur l’année et que la valeur d’achat du point est de 18 €, alors :
5 000 ÷ 18 = 277 points acquis
Ces points s’ajoutent à ceux déjà acquis tout au long de votre carrière.
La valeur d’achat du point
La valeur d’achat du point (appelée aussi salaire de référence) correspond au prix d’acquisition d’un point pour l’année considérée.
Elle est fixée chaque année par les partenaires sociaux.
Plus cette valeur est élevée :
- moins vous obtenez de points pour un même montant de cotisations ;
- plus le rendement immédiat diminue.
Il est donc important de suivre son évolution, notamment pour anticiper l’impact sur une fin de carrière ou un départ différé.
La valeur de service du point
La valeur de service du point correspond au montant annuel de pension versé pour chaque point acquis.
Au moment de la retraite, le calcul est le suivant :
Nombre total de points × valeur de service du point = pension annuelle brute
Par exemple :
10 000 points × 1,40 € = 14 000 € par an
Soit environ 1 166 € par mois avant prélèvements sociaux.
La valeur de service est revalorisée chaque année, généralement au 1er novembre.
Pourquoi ces deux valeurs sont déterminantes
Le rendement réel de votre retraite complémentaire dépend de :
- la valeur d’achat du point au moment où vous cotisez ;
- la valeur de service au moment où vous liquidez vos droits ;
- l’éventuelle application d’un coefficient de minoration ou de majoration.
Une variation de ces paramètres peut avoir un impact significatif sur votre pension future.
Pour aller plus loin sur ces mécanismes et les valeurs actualisées, vous pouvez consulter notre article dédié à la valeur du point Agirc-Arrco en 2026.
Peut-on optimiser sa retraite complémentaire Agirc-Arrco ?
Oui, il est possible d’optimiser sa retraite complémentaire Agirc-Arrco — et c’est même un enjeu majeur pour les cadres, dirigeants et salariés à revenus évolutifs.
Contrairement à une idée répandue, la retraite complémentaire n’est pas totalement “subie”. Si les cotisations sont obligatoires et les taux encadrés, plusieurs paramètres influencent directement le montant final de votre pension :
- le nombre total de points acquis au cours de votre carrière ;
- l’âge et la date exacte de départ ;
- l’application éventuelle d’un coefficient de minoration ou de majoration ;
- votre stratégie de fin de carrière.
Optimiser sa retraite complémentaire consiste donc à agir sur ces leviers au bon moment, en tenant compte de votre situation globale (retraite de base, fiscalité, projet professionnel, patrimoine).
Cotiser sur un salaire temps plein en cas de temps partiel
Un salarié travaillant à temps partiel peut, sous certaines conditions et avec l’accord de son employeur, cotiser sur la base d’un salaire reconstitué à temps plein.
Concrètement, cela signifie :
- des cotisations plus élevées ;
- davantage de points Agirc-Arrco acquis chaque année ;
- une amélioration durable de la pension future.
Ce levier peut être particulièrement pertinent :
- en fin de carrière ;
- après un passage à temps partiel choisi ;
- dans une logique de sécurisation du niveau de pension.
L’effort de cotisation supplémentaire peut être rentable si la durée restante avant la retraite est suffisante.
Travailler au-delà de l’âge légal
Reporter son départ à la retraite peut avoir un double effet positif :
- acquisition de points supplémentaires ;
- suppression d’un éventuel coefficient de minoration temporaire.
Chaque année travaillée en plus augmente mécaniquement le nombre total de points. À cela peut s’ajouter une majoration si les conditions sont remplies.
Dans certains cas, décaler son départ d’un an peut produire un effet significatif sur le montant total perçu sur l’ensemble de la retraite.
La question n’est donc pas seulement “à quel âge puis-je partir ?”, mais “à quel âge est-il le plus stratégique de partir ?”.
Cumul emploi-retraite et seconde liquidation
Depuis la réforme de 2023, le cumul emploi-retraite peut permettre, sous conditions, d’acquérir de nouveaux droits.
Cela ouvre la possibilité :
- d’augmenter sa retraite complémentaire après un premier départ ;
- d’envisager une seconde liquidation des droits acquis pendant la période de cumul.
Ce mécanisme est particulièrement intéressant pour :
- les cadres et dirigeants ;
- les professions à forte expertise ;
- les profils souhaitant poursuivre une activité à temps réduit.
Une stratégie bien construite peut transformer une phase de transition professionnelle en levier d’optimisation.
Anticiper et piloter sa fin de carrière
L’optimisation ne se limite pas à la dernière année d’activité. Elle suppose une vision d’ensemble.
Une stratégie efficace peut inclure :
- l’analyse de la structure de rémunération (fixe, variable, primes) ;
- une réflexion sur le niveau de salaire dans les dernières années ;
- la coordination entre retraite de base et retraite complémentaire ;
- l’intégration des majorations (enfants, carrière longue, etc.) ;
- l’impact fiscal des choix retenus.
L’enjeu consiste à arbitrer entre :
- durée d’activité supplémentaire,
- niveau de cotisation,
- rendement réel des points,
- pression fiscale.
Il ne s’agit pas uniquement de “cotiser plus”, mais de cotiser au bon moment et dans les bonnes conditions.
Pourquoi une analyse personnalisée est souvent nécessaire
Deux salariés ayant un nombre de points proche peuvent percevoir des pensions différentes selon :
- leur date exacte de départ ;
- l’application d’un coefficient temporaire ;
- leur historique de carrière ;
- leur stratégie post-liquidation.
Une optimisation pertinente repose sur une simulation chiffrée intégrant l’ensemble des paramètres : nombre de points, valeur de service, minoration éventuelle, fiscalité et durée de perception.
Dans certains cas, un décalage de quelques mois ou d’une année peut représenter plusieurs milliers d’euros sur l’ensemble de la retraite.
C’est précisément là qu’une analyse personnalisée prend tout son sens : identifier le moment optimal pour liquider ses droits et sécuriser le niveau de pension sur le long terme.
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