Les cotisations AGIRC-ARRCO constituent un élément déterminant de votre future retraite complémentaire. Mais comment sont-elles…
CSG sur la retraite en 2026 : taux, barème et exonérations
La CSG (Contribution Sociale Généralisée) est prélevée directement sur le montant brut de toutes les pensions de retraite, sans exception. Son taux — qui peut aller de 0 % à 8,3 % — dépend du revenu fiscal de référence du foyer et des parts fiscales. En 2026, les seuils ont été revalorisés de 1,8 %, ce qui peut modifier le taux applicable pour certains retraités, notamment ceux dont la pension a été revalorisée de 5,3 % en janvier 2024. Quels sont les taux en vigueur ? À partir de quel niveau de revenus peut-on être exonéré ? Que se passe-t-il pour les retraités domiciliés à l’étranger ? Cet article fait le point complet sur les règles applicables aux prélèvements sociaux sur les pensions en 2026.
Qu’est-ce que la CSG sur les pensions de retraite ?
La CSG : une contribution prélevée sur toutes les pensions
La Contribution Sociale Généralisée (CSG) a été instaurée en 1991 pour financer la protection sociale. Elle est prélevée sur la totalité du montant brut des pensions de retraite – retraite de base, retraite complémentaire et pension de réversion – pour tous les assurés domiciliés fiscalement en France et affiliés à un régime obligatoire d’assurance maladie français.
La retraite se décompose ainsi sur votre bulletin de pension :
- Retraite brute : montant de référence, sur lequel s’appliquent les revalorisations
- Retraite nette : montant après déduction des cotisations sociales (sauf 2,4 % non déductibles)
- Retraite imposable : montant après ajout des cotisations non déductibles, base du prélèvement à la source
- Retraite servie : montant effectivement versé après prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu
Les 3 prélèvements sociaux applicables aux retraités
Trois contributions sociales peuvent s’appliquer sur le montant brut des pensions selon le niveau de revenus :
- La CSG (Contribution Sociale Généralisée) : financement de l’assurance maladie, des prestations familiales et de l’autonomie
- La CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale) : remboursement de la dette de la Sécurité sociale
- La CASA (Contribution Additionnelle de Solidarité pour l’Autonomie) : financement des politiques d’autonomie
S’y ajoute, sur les seules retraites complémentaires (Agirc-Arrco, Ircantec), une cotisation d’assurance maladie (COTAM) au taux de 1 %, applicable aux taux médian et normal uniquement.
Quels sont les taux de CSG applicables aux retraites en 2026 ?
Le taux normal : 8,3 %
C’est le taux le plus élevé, applicable aux retraités dont le revenu fiscal de référence (RFR) dépasse le seuil supérieur du barème. Sur ce taux, 5,9 % sont déductibles du revenu imposable. Seuls 0,5 % (CRDS non déductible) et 0,3 % (CASA non déductible) s’ajoutent sans contrepartie fiscale.
Le taux médian : 6,6 %
Ce taux intermédiaire, rétabli en 2019, s’applique aux retraités dont le RFR se situe dans la tranche intermédiaire du barème. Sur ce taux, 4,2 % sont déductibles du revenu imposable.
Le taux réduit : 3,8 %
Il concerne les retraités à revenus modestes dont le RFR dépasse le seuil d’exonération sans atteindre la tranche médiane. Ce taux est entièrement déductible du revenu imposable, ce qui en atténue sensiblement le coût réel.
L’exonération totale : taux à 0 %
Les retraités dont le RFR est inférieur ou égal au premier seuil du barème sont totalement exonérés de CSG, de CRDS et de CASA. En 2024, cette exonération concernait environ 29 % des retraités.
Comment le revenu fiscal de référence détermine-t-il votre taux de CSG ?
Le revenu fiscal de référence (RFR) : définition et mode de calcul
Le revenu fiscal de référence (RFR) est la base retenue pour déterminer le taux de CSG applicable sur les pensions. Il est calculé par l’administration fiscale et figure sur chaque avis d’imposition. Il prend en compte l’ensemble des revenus du foyer fiscal : pensions de retraite, revenus du patrimoine, revenus de placement et autres revenus imposables, après application de certains abattements.
L’année de référence prise en compte pour 2026
Pour les pensions versées en 2026, c’est le RFR figurant sur l’avis d’imposition reçu à l’été 2025 – portant sur les revenus de l’année 2024 – qui détermine le taux applicable. Ce RFR N-2 est transmis automatiquement aux caisses de retraite par la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP). Aucune démarche n’est nécessaire de la part du retraité.
⚠️ Le décalage de 2 ans entre les revenus pris en compte et l’année d’application peut créer des effets de rattrapage importants. La revalorisation de +5,3 % des pensions en janvier 2024 a ainsi conduit certains foyers à franchir un seuil de CSG en 2026, malgré une revalorisation des seuils de seulement +1,8 %.
Le rôle du nombre de parts fiscales dans la détermination du taux
Les seuils du barème varient selon le nombre de parts fiscales du foyer. Plus le nombre de parts est élevé, plus les seuils d’exonération et de changement de taux sont hauts. Un retraité célibataire (1 part) bascule au taux normal dès 26 472 € de RFR, tandis qu’un couple sans enfant (2 parts) franchit ce même seuil à partir de 40 604 €.
Le barème CSG retraite 2026 : les seuils par nombre de parts fiscales
Les seuils applicables en France métropolitaine
Barème applicable aux pensions dues à compter de janvier 2026. Source (lassuranceretraite.fr) :
| Nb de parts | Taux zéro (exonération) | Taux réduit 3,8 % | Taux médian 6,6 % | Taux normal 8,3 % |
|---|---|---|---|---|
| 1 part | RFR ≤ 13 048 € | 13 049 € à 17 057 € | 17 058 € à 26 471 € | ≥ 26 472 € |
| 1,5 part | RFR ≤ 16 532 € | 16 533 € à 21 612 € | 21 613 € à 33 537 € | ≥ 33 538 € |
| 2 parts | RFR ≤ 20 016 € | 20 017 € à 26 167 € | 26 168 € à 40 603 € | ≥ 40 604 € |
| 2,5 parts | RFR ≤ 23 500 € | 23 501 € à 30 722 € | 30 723 € à 47 669 € | ≥ 47 670 € |
| 3 parts | RFR ≤ 26 984 € | 26 985 € à 35 277 € | 35 278 € à 54 735 € | ≥ 54 736 € |
L’évolution des seuils par rapport à 2025 : +1,8 %
Les seuils du barème 2026 ont été revalorisés de +1,8 % conformément à l’évolution moyenne annuelle des prix à la consommation constatée pour 2024, c. Cette revalorisation est inférieure à la hausse des pensions de base de +5,3 % intervenue en janvier 2024, ce qui a mécaniquement provoqué un glissement de tranche pour une partie des retraités.
Pour comprendre comment ces prélèvements affectent votre pension mensuelle, consultez notre article : Retraite : comment passer du montant brut au montant net en 2026 ?
Qui peut bénéficier d’une exonération totale de CSG en 2026 ?
Les retraités exonérés automatiquement selon leurs revenus
L’exonération totale de CSG s’applique automatiquement aux retraités dont le RFR 2024 est inférieur ou égal au premier seuil du barème. Aucune démarche n’est nécessaire : les caisses de retraite appliquent directement le taux communiqué par la DGFiP. En 2024, environ 29 % des retraités bénéficiaient de cette exonération totale.
Les pensions automatiquement exonérées quelle que soit la situation
Certaines pensions sont exonérées de CSG indépendamment du niveau de revenus :
- L’Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA)
- L’allocation de veuvage de la Sécurité sociale
- La retraite du combattant et la retraite mutualiste des anciens combattants
- La majoration de retraite pour aide constante d’une tierce personne
Exonération de CSG : quelles conséquences sur la CRDS et la CASA ?
L’exonération de CSG entraîne automatiquement l’exonération de CRDS et de CASA. Ces 3 contributions sont toujours appliquées conjointement selon le même taux applicable. Un retraité exonéré de CSG ne paie donc aucun des 3 prélèvements sociaux sur ses pensions.
CRDS et CASA : quels autres prélèvements s’ajoutent à la CSG ?
La CRDS : taux unique de 0,5 %
La Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS) est prélevée au taux uniforme de 0,5 % sur toutes les pensions, dès lors que la CSG est applicable (taux réduit, médian ou normal). Elle n’est pas déductible du revenu imposable. Les retraités exonérés de CSG sont également exonérés de CRDS.
La CASA : 0,3 %, due uniquement aux taux médian et normal
La Contribution Additionnelle de Solidarité pour l’Autonomie (CASA) est prélevée au taux de 0,3 % uniquement pour les retraités soumis à la CSG au taux médian (6,6 %) ou au taux normal (8,3 %). Les retraités exonérés ou au taux réduit (3,8 %) en sont dispensés.
Le cumul maximum des prélèvements sociaux sur la pension brute :
| Taux de CSG | CSG | CRDS | CASA | COTAM* | Total |
|---|---|---|---|---|---|
| Taux zéro | 0 % | 0 % | 0 % | 0 % | 0 % |
| Taux réduit | 3,8 % | 0,5 % | 0 % | 0 % | 4,3 % |
| Taux médian | 6,6 % | 0,5 % | 0,3 % | 1 % | 8,4 % |
| Taux normal | 8,3 % | 0,5 % | 0,3 % | 1 % | 10,1 % |
*COTAM : cotisation d’assurance maladie applicable sur les seules retraites complémentaires, aux taux médian et normal uniquement.
Nouveauté 2026 : la mise à jour anticipée du taux sur l’AGIRC-ARRCO
La transmission directe des données fiscales par la DGFiP
Jusqu’en 2025, les retraités constataient une régularisation du taux de CSG sur leur pension complémentaire AGIRC-ARRCO au printemps, souvent avec effet rétroactif sur les mois précédents. Cette situation générait des ajustements parfois significatifs sur les bulletins de pension.
Un impact dès janvier 2026 sur la pension complémentaire
À compter de 2026, la mise à jour du taux de CSG sur la pension complémentaire AGIRC-ARRCO intervient dès le mois de janvier, sans décalage ni régularisation rétroactive. Ce changement résulte d’une transmission accélérée des données fiscales par la DGFiP directement à l’AGIRC-ARRCO, permettant une application immédiate et synchronisée avec la pension de base.
Ce que cela change concrètement pour les retraités
- Les retraités dont le taux de CSG a baissé bénéficient immédiatement d’une pension complémentaire légèrement plus élevée dès janvier
- Ceux dont le taux a augmenté voient l’impact se répercuter sans délai, sans régularisation étalée dans le temps
- La pension complémentaire versée en début d’année peut donc être légèrement différente du montant habituel, sans qu’il s’agisse d’une erreur de la caisse
Quel est l’impact concret des prélèvements sociaux sur votre pension nette ?
Exemples chiffrés selon le taux de CSG applicable
Pour une pension brute mensuelle de 2 500 €, voici l’impact concret des prélèvements selon le taux de CSG applicable :
| Situation | Prélèvement total | Pension nette mensuelle |
|---|---|---|
| Exonération (taux zéro) | 0 € | 2 500 € |
| Taux réduit (3,8 %) | 95 € | 2 405 € |
| Taux médian (6,6 %) | 165 € | 2 335 € |
| Taux normal (8,3 %) | 207,50 € | 2 292,50 € |
Exemple indicatif, hors COTAM sur la retraite complémentaire et hors prélèvement à la source.
La part déductible de la CSG du revenu imposable
La CSG n’est pas entièrement non déductible. Une fraction vient réduire le revenu imposable, atténuant ainsi son coût réel pour les retraités imposables :
- Taux réduit (3,8 %) : entièrement déductible
- Taux médian (6,6 %) : 4,2 % déductibles (sur 6,6 %)
- Taux normal (8,3 %) : 5,9 % déductibles (sur 8,3 %)
La fraction non déductible de 2,4 % pour les taux médian et normal reste à la charge définitive du retraité sans contrepartie fiscale.
Pour aller plus loin sur l’imposition de vos pensions : Imposition des pensions de retraite : règles, calculs et conseils en 2026
Retraités à l’étranger : règles spécifiques
Les retraités domiciliés fiscalement hors de France sont exonérés de CSG, de CRDS et de CASA. En revanche, une cotisation d’assurance maladie de 3,2 % peut être prélevée sur leur pension, sous conditions :
- Être affilié à un régime français d’assurance maladie à titre obligatoire
- Justifier d’au moins 15 ans d’assurance en France
- Résider dans un État non couvert par les règlements européens ou sans convention bilatérale de sécurité sociale avec la France
Cette cotisation s’applique sans condition de revenus ni de seuil, contrairement à la CSG.
En résumé : la CSG sur les retraites repose sur un barème à quatre taux (0 %, 3,8 %, 6,6 % et 8,3 %), déterminé chaque année par le revenu fiscal de référence du foyer et le nombre de parts fiscales. En 2026, les seuils ont été revalorisés de 1,8 %, soit moins que la hausse des pensions de 2024, ce qui a mécaniquement conduit certains retraités à changer de tranche. Le système de lissage protège partiellement contre les hausses brutales, mais ne s’applique qu’au passage du taux réduit vers les taux supérieurs. À ces prélèvements s’ajoutent la CRDS (0,5 %) et la CASA (0,3 %), ainsi qu’une cotisation d’assurance maladie sur les retraites complémentaires. Anticiper l’évolution de son RFR et vérifier son bulletin de pension chaque année en début d’exercice sont les réflexes essentiels pour éviter les mauvaises surprises.
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