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Médecin Libéral âgé En Blouse Blanche En Consultation Avec Un Patient Dans Son Cabinet, Dans Le Cadre D’un Cumul Emploi-retraite.

Cumul emploi-retraite du médecin libéral : conditions, plafond et nouveaux droits CARMF en 2025

Le cumul emploi-retraite offre aux médecins libéraux la possibilité de poursuivre une activité tout en percevant leur pension. Pour en tirer pleinement parti, il est essentiel de bien comprendre ses conditions d’accès, les différences entre cumul intégral et plafonné, les droits éventuels à la retraite, les implications fiscales et sociales, ainsi que les stratégies possibles pour optimiser ce dispositif.

Qu’est-ce que le cumul emploi-retraite pour un médecin libéral ?

Le cumul emploi-retraite permet à un médecin libéral retraité de reprendre ou poursuivre une activité libérale tout en percevant ses pensions de retraite. Ce dispositif peut s’avérer particulièrement utile pour compléter ses revenus, organiser une transmission progressive de sa patientèle, ou continuer à exercer avec plus de souplesse.

Distinction entre activité libérale et autre activité

Dans le cadre de la CARMF, le cumul emploi-retraite s’applique uniquement à la poursuite ou reprise d’une activité libérale relevant du même régime. Si le médecin retraité exerce une activité salariée (par exemple en établissement privé ou public), il est soumis aux règles du régime général (CNAV), et non à celles spécifiques à la CARMF.

Il est donc essentiel de bien distinguer :

  • L’activité libérale exercée à titre indépendant (cabinet privé, remplacements),
  • D’autres formes d’activité (salariée, bénévole, associative), qui obéissent à d’autres régimes de retraite.

Objectifs du dispositif : revenus, transmission, souplesse

Le cumul emploi-retraite répond à plusieurs objectifs :

  • Augmenter ses revenus à la retraite ;
  • Transmettre progressivement sa patientèle, en maintenant un lien avec ses patients ;
  • Conserver une activité partielle, souvent choisie pour sa flexibilité ou par passion ;
  • Préparer une reconversion ou rester actif sans les contraintes administratives d’une activité à temps plein.

Il s’agit donc d’un levier important dans la stratégie de fin de carrière d’un médecin libéral, à condition de respecter les conditions légales pour éviter toute réduction des pensions.

Quelles sont les conditions pour bénéficier du cumul emploi-retraite intégral ?

Pour qu’un médecin libéral puisse bénéficier du cumul emploi-retraite intégral, sans plafond de revenus, certaines conditions strictes doivent être remplies. Ce dispositif permet de cumuler librement les pensions de retraite avec les revenus d’une nouvelle activité libérale, sans aucune minoration ni plafond.

Conditions d’âge et de trimestres

Le médecin doit :

  • Avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite (entre 62 et 64 ans selon l’année de naissance),
  • Et avoir validé le nombre de trimestres requis pour une retraite à taux plein, ou bien avoir atteint 67 ans (âge du taux plein automatique).

En l’absence de tous les trimestres requis, le médecin doit donc attendre 67 ans pour bénéficier du cumul intégral.

Liquidation de toutes les retraites obligatoires

Autre condition essentielle : le médecin doit avoir liquidé l’ensemble de ses retraites obligatoires, en France et à l’étranger, pour l’ensemble des régimes auxquels il a été affilié (régime de base CNAVPL, régime complémentaire CARMF, ASV, etc.).

Cela concerne :

  • Les retraites de base et complémentaires,
  • Les régimes français et étrangers,
  • Les régimes liés à une éventuelle pluriactivité passée (salariat, hospitalier, etc.).

Certains profils doivent porter une attention particulière à la liquidation de tous leurs droits à la retraite, notamment :

  • Les médecins pluriactifs ayant exercé une activité salariée, hospitalière relevant d’autres caisses (CNAV, Ircantec, etc.) ;
  • Les anciens fonctionnaires ayant cotisé à la CNRACL ou au SRE ;
  • Les médecins ayant effectué une partie de leur carrière à l’étranger ou dans les DOM-TOM.

Cette liquidation globale est un prérequis indispensable pour ouvrir le droit au cumul emploi-retraite intégral.

Cumul emploi-retraite plafonné : quelles sont les règles ?

Lorsque les conditions du cumul emploi-retraite intégral ne sont pas réunies (trimestres manquants, âge légal non atteint), le médecin libéral peut tout de même poursuivre une activité, mais dans le cadre d’un cumul emploi-retraite plafonné. Ce dispositif autorise une reprise partielle d’activité libérale dans la limite d’un plafond annuel de revenus.

Montant du plafond 2025 (1 PASS)

En 2025, le plafond de revenus autorisé en cumul emploi-retraite plafonné est fixé à 47 100 € brut par an, soit 1 PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale).

Ce plafond s’applique à l’ensemble des revenus d’activité libérale perçus en cumul retraite, y compris les remplacements, consultations, astreintes ou toute activité facturée via une société d’exercice (SEL, SCP…).

Si la reprise d’activité libérale s’effectue en cours d’année, le plafond annuel est réduit au prorata temporis.

Exceptions

Certains revenus professionnels ne sont pas pris en compte dans le calcul du plafond, notamment :

  • Les indemnités perçues au titre de la permanence des soins,
  • Les missions à caractère scientifique, consultatif, artistique ou juridictionnel, sous conditions,

Peut-on acquérir de nouveaux droits à la retraite en cumul emploi-retraite ?

Le cumul emploi-retraite permet à un médecin libéral de percevoir une pension tout en poursuivant son activité. Mais ce dispositif n’ouvre pas systématiquement de nouveaux droits à la retraite. Tout dépend du régime concerné et du type de cumul (intégral ou plafonné).

Oui pour le régime de base (dans le cas d’un cumul intégral uniquement)

Lorsqu’un médecin exerce dans le cadre d’un cumul emploi-retraite intégral, il continue de cotiser au régime de base de la CARMF. Ces cotisations donnent lieu à l’acquisition de nouveaux droits, dans certaines limites.

Les droits acquis durant cette période sont plafonnés à 5 % du PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale).
En 2025, cela représente environ 2 318 € de pension annuelle supplémentaire au maximum.

Ces droits sont calculés en fonction des revenus professionnels perçus et des cotisations versées au régime de base.

Deuxième liquidation : conditions et effets

Une fois cette nouvelle période de cotisation terminée, le médecin peut demander une seconde liquidation de ses droits au régime de base. Cette demande peut être formulée à tout moment, une fois la nouvelle activité arrêtée avec une prise d’effet le premier jour du trimestre suivant la demande.

Après cette seconde liquidation, plus aucun droit ne peut être acquis, même si une activité libérale est reprise ultérieurement.

Non pour le régime complémentaire et ASV

Les régimes complémentaire et ASV de la CARMF ne permettent pas d’acquérir de nouveaux droits pendant la période de cumul emploi-retraite, même en cas de cumul intégral.

Les cotisations versées à ces deux régimes sont obligatoires mais elles n’ouvrent aucun droit supplémentaire à la retraite,

Quelles sont les règles fiscales et sociales du cumul emploi-retraite ?

Le cumul emploi-retraite des médecins libéraux s’accompagne de règles fiscales et sociales spécifiques. Il est important de les connaître pour anticiper le montant net réellement perçu.

Imposition des pensions et des revenus d’activité

Les revenus issus du cumul emploi-retraite sont soumis à l’impôt sur le revenu selon les règles de droit commun :

  • Les pensions de retraite (base, complémentaire, ASV) sont imposées après déduction de l’abattement de 10 % pour frais professionnels (plafonné).
  • Les revenus d’activité libérale sont imposés selon le régime fiscal applicable (régime micro BNC ou régime BNC contrôlé).

L’ensemble de ces revenus s’ajoute au revenu imposable du foyer fiscal, ce qui peut entraîner un changement de tranche marginale d’imposition.

Cotisations sociales dues (URSSAF, CARMF)

Même en retraite, le médecin libéral cumulant emploi et pension reste assujetti à certaines cotisations sociales :

  • URSSAF : contributions sociales classiques (maladie, CSG/CRDS, allocations familiales, etc.) calculées sur les revenus d’activité.
  • CARMF : cotisations maintenues, mais sans ouverture de nouveaux droits pour les régimes complémentaire et ASV (voir plus bas).

En cumul intégral : les cotisations versées au régime de base peuvent ouvrir droit à une seconde liquidation. Les cotisations versées aux régimes complémentaire et ASV sont non génératrices de droits.

Quelles stratégies pour optimiser le cumul emploi-retraite ?

Le cumul emploi-retraite peut devenir un levier pour augmenter ses revenus à la retraite… à condition de bien anticiper son départ et d’optimiser ses paramètres fiscaux, sociaux et stratégiques. Voici trois pistes à envisager.

Rachat de trimestres avant départ

Si vous approchez de l’âge légal de départ, mais que vous ne validez pas encore tous vos trimestres pour obtenir une retraite à taux plein, le rachat de trimestres peut être une stratégie pertinente.

  • Cela vous permet de bénéficier du cumul intégral, sans plafond de revenus.
  • Vous évitez ainsi la décote sur votre retraite de base et augmentez votre pension à vie.
  • Les montants versés sont déductibles du revenu imposable, sous conditions.

Cette opération doit être bien calculée en fonction du retour sur investissement attendu et de votre espérance de vie.

Décalage de la liquidation pour bénéficier d’une surcote

Autre levier : décaler la liquidation de votre retraite au-delà de l’âge légal une fois tous vos trimestres acquis. Vous bénéficiez alors d’une surcote :

  • +1,25 % par trimestre supplémentaire travaillé après le 1er septembre 2023 (au régime de base).
  • S’ajoutent également les majorations de la retraite complémentaire et ASV en cas de départ à partir de l’âge légal

Ce décalage volontaire peut vous permettre de commencer le cumul emploi-retraite avec une pension plus élevée à vie.

Choix du statut juridique en cas de reprise d’activité

En cumul emploi-retraite, vous pouvez reprendre une activité libérale sous différentes formes : individuel, société d’exercice libéral (SEL), société de moyens (SCM), etc.

Le choix du statut juridique influence plusieurs éléments :

  • Le montant des cotisations sociales (notamment la part CARMF et URSSAF).
  • Le régime fiscal applicable (IR ou IS).
  • La gestion de la trésorerie et des éventuelles charges déductibles.

Dans certains cas, opter pour une structure en SEL à l’IS peut permettre d’optimiser votre fiscalité globale, en dissociant revenus d’activité et dividendes.

En résumé : le cumul emploi-retraite permet aux médecins libéraux de prolonger leur activité tout en percevant leurs pensions, à condition de bien maîtriser les règles d’âge, de liquidation et de plafond. En anticipant son départ, en optimisant ses trimestres et en choisissant un statut adapté, il est possible de sécuriser et d’augmenter ses revenus à la retraite, tout en conservant une flexibilité professionnelle.

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Oui, à condition d’avoir validé tous ses trimestres pour le taux plein et d’avoir liquidé l’ensemble de ses retraites obligatoires (base et complémentaire). Sinon, le cumul est plafonné.

Dans ce cas, vous relevez du cumul emploi-retraite plafonné. Vos revenus libéraux ne doivent pas dépasser un certain seuil annuel (1 PASS), sauf exceptions spécifiques comme la permanence des soins.

Uniquement pour le régime de base, et seulement si vous êtes en cumul intégral. Ces droits supplémentaires peuvent ensuite faire l’objet d’une seconde liquidation. En revanche, les régimes complémentaire et ASV n’ouvrent aucun droit nouveau.

Les pensions comme les revenus libéraux sont imposables, et des cotisations sociales restent dues (URSSAF, CARMF). Pour plus de détails, consultez : Quelles sont les règles fiscales et sociales du cumul emploi-retraite ?

Oui, plusieurs stratégies sont envisageables : rachat de trimestres, décalage de la liquidation pour surcote, choix du statut juridique… Pour en savoir plus sur le rachat de trimestres :
Comment racheter des trimestres dans le régime des professions libérales en 2025 ?

Oui, le cumul emploi-retraite est autorisé dans le cadre d’une activité différente. Toutefois, des règles spécifiques peuvent s’appliquer selon la caisse de retraite concernée et le type d’activité reprise.

Directeur associé

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