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Femme Senior Consultant Ses Droits à La Retraite AGIRC-ARRCO Après Un Arrêt Maladie, Devant Un Ordinateur Portable à Domicile

Arrêts maladie et retraite AGIRC-ARRCO : comment sont protégés vos points en 2026 ?

Un arrêt maladie prolongé soulève une question légitime pour tout salarié du secteur privé : que devient ma retraite complémentaire pendant les semaines ou les mois où je ne travaille pas ? Le régime AGIRC-ARRCO, qui représente en moyenne 30 à 40 % de la pension totale des non-cadres et jusqu’à 60 % de celle des cadres, a prévu un mécanisme de solidarité permettant de continuer à accumuler des points, sans cotiser. Mais à quelles conditions ce dispositif s’applique-t-il exactement ? Comment les points sont-ils calculés pendant l’arrêt ? Quel est l’impact réel sur la retraite de base et sur la pension complémentaire ? Et quelles sont les situations exclues du bénéfice de ce mécanisme ? Cet article fait le point sur les règles applicables en 2026.

Le régime AGIRC-ARRCO : un dispositif de solidarité pour les salariés en arrêt

Le principe des points gratuits : cotiser sans travailler

Depuis le 1er janvier 2019, l’ensemble des salariés du secteur privé cotisent à un régime unique de retraite complémentaire : l’AGIRC-ARRCO, né de la fusion des anciens régimes Agirc (cadres) et Arrco (ensemble des salariés). Ce régime fonctionne par points : chaque euro cotisé permet d’acquérir des points, qui sont convertis en pension au moment du départ à la retraite.

La valeur de service du point AGIRC-ARRCO est fixée à 1,4386 € depuis le 1er novembre 2024.

⚠️ Cette valeur n’a pas été revalorisée au 1er novembre 2025 en raison d’un désaccord entre partenaires sociaux. Il s’agit d’une situation inédite depuis la fusion des deux régimes en 2019. Les pensions servies aux retraités actuels n’ont donc pas augmenté entre novembre 2024 et novembre 2026.

Ce régime a prévu un mécanisme de solidarité : lorsqu’un salarié se retrouve en incapacité de travail, il peut continuer à accumuler des points de retraite complémentaire sans verser de cotisations. Ces points, appelés points gratuits ou points de solidarité, sont financés collectivement par un prélèvement sur la valeur du point.

Les périodes concernées par le mécanisme de solidarité

Depuis 2002, quatre situations d’incapacité de travail ouvrent droit à l’attribution de points gratuits AGIRC-ARRCO :

  • La maladie (arrêt de travail ordinaire, affection de longue durée)
  • La maternité (et l’adoption plénière)
  • L’accident du travail ou la maladie professionnelle
  • L’invalidité (catégories 1, 2 ou 3 de la Sécurité sociale)

Quelles sont les conditions pour obtenir des points AGIRC-ARRCO pendant un arrêt maladie ?

La durée minimale de 60 jours consécutifs

La première condition est d’ordre temporel. L’arrêt de travail doit dépasser 60 jours consécutifs pour ouvrir droit à l’attribution de points gratuits. En deçà de ce seuil, aucun point de solidarité n’est attribué. En revanche, dès que cette durée est atteinte, les points sont attribués à compter du premier jour d’arrêt, et non à partir du 61e jour.

En pratique, compte tenu du délai de carence de 3 jours appliqué par la Sécurité sociale avant le versement des indemnités journalières, cette condition est remplie si le salarié perçoit des prestations pendant plus de 57 jours.

Deux arrêts distincts ne se cumulent pas pour atteindre ce seuil : chaque arrêt est apprécié de façon indépendante.

Les prestations de la Sécurité sociale ouvrant droit aux points

Le salarié doit être indemnisé par la Sécurité sociale. Sont concernées les prestations suivantes :

  • Les indemnités journalières versées au titre de l’assurance maladie
  • Les indemnités journalières versées au titre de l’assurance maternité (ou adoption)
  • Les indemnités journalières versées en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle
  • La pension d’invalidité de la Sécurité sociale correspondant à un taux d’incapacité permanente égal ou supérieur à 66,66 % (catégories 1, 2 ou 3)
  • La rente versée en réparation d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, correspondant à un taux d’incapacité permanente d’au moins 66,66 %

L’obligation d’avoir interrompu une période couverte par l’AGIRC-ARRCO

L’arrêt de travail doit interrompre une période pendant laquelle le salarié relevait d’une caisse de retraite complémentaire. Concrètement, cela suppose que la personne :

  • Occupait un emploi salarié dans le secteur privé, avec prélèvement de cotisations AGIRC-ARRCO
  • Ou bénéficiait d’une indemnisation chômage (ARE), à condition que la période de chômage soit indemnisée
  • Ou suivait un stage de formation professionnelle faisant suite à une période d’activité salariée ou de chômage indemnisé

L’indemnisation par la Sécurité sociale doit intervenir au plus tard dans le mois suivant la suspension ou la rupture du contrat de travail.

Comment sont calculés les points attribués pendant un arrêt maladie ?

L’année de référence N-1 : base du calcul

Les points gratuits sont calculés sur la base des droits acquis au cours de l’année civile précédant celle de l’arrêt de travail, appelée année de référence ou année N-1. Tous les points inscrits au cours de cette année sont pris en compte : points cotisés, points au titre du chômage ou d’une précédente incapacité de travail.

Si le salarié n’a acquis aucun point au cours de l’année N-1 (embauche récente par exemple), la période de référence est reportée sur l’année N, en retenant les points acquis avant la date d’arrêt.

⚠️ Depuis le 1er juillet 2016 (circulaire AGIRC-ARRCO n°2016-03-DRJ du 4 mai 2016), la période de référence prend en compte l’ensemble des points de l’année N-1, sans distinction des conditions d’emploi. Cette simplification a mis fin à l’obligation d’isoler les seuls points acquis dans des conditions strictement identiques à celles de la date d’arrêt.

La moyenne journalière de points : méthode de calcul

La caisse de retraite détermine une moyenne journalière en divisant le nombre de points acquis au cours de la période de référence par le nombre de jours que compte cette période (365 jours pour une année complète, ou le nombre de jours effectifs si la période est incomplète).

Pour chaque jour d’arrêt indemnisé, un nombre de points correspondant à cette moyenne journalière est inscrit au compte du participant.

Exemple illustratif :

Un cadre tombe en arrêt maladie le 16 avril 2025, pour une durée de 190 jours. En 2024 (année N-1), il avait acquis 1 000 points AGIRC-ARRCO.

CalculRésultat
Moyenne journalière : 1 000 ÷ 3652,74 points/jour
Points théoriques pour 190 jours : 2,74 × 190521 points
Points cotisés sur la période 2025780 points
Total avant écrêtement : 780 + 5211 301 points
Plafond (= points 2024)1 000 points
Points maladie attribués après écrêtement : 1 000 − 780220 points

Le plafond des points attribués : la règle à ne pas oublier

Le total des points de l’année en cours — points cotisés et points gratuits confondus — ne peut pas dépasser le nombre de points acquis lors de l’année de référence. C’est le dispositif d’écrêtement. La caisse de retraite applique ce plafond automatiquement.

Conséquence pratique : si le salarié a perçu un salaire partiel ou des indemnités complémentaires de prévoyance ayant généré des points cotisés, les points gratuits attribuables sont réduits en proportion.

Arrêt maladie et retraite de base : quel impact sur vos trimestres et votre pension ?

Les trimestres assimilés : validés mais non cotisés

Du côté de la retraite de base (CNAV), les arrêts maladie sont pris en compte sous la forme de trimestres assimilés. Un trimestre est validé tous les 60 jours d’indemnisation par la Sécurité sociale, dans la limite de 4 trimestres assimilés par an. Ces trimestres entrent dans le calcul de la durée d’assurance requise pour le taux plein.

Contrairement aux trimestres cotisés (issus d’une rémunération), ces trimestres assimilés ne reposent sur aucun versement de cotisations vieillesse.

L’impact sur le salaire annuel moyen (SAM) des 25 meilleures années

C’est sur ce point que la retraite de base peut être affectée de façon significative. Les indemnités journalières ne sont pas prises en compte dans le calcul du salaire annuel moyen (SAM), base de calcul de la pension de base au régime général. Le SAM est calculé sur les 25 meilleures années de salaire brut, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.

Si un arrêt maladie survient pendant une année qui aurait figuré dans ces 25 meilleures années, le salaire retenu pour cette année-là sera inférieur à la réalité, ce qui peut réduire le montant de la pension de base.

La retraite complémentaire AGIRC-ARRCO est, à cet égard, mieux protégée : le mécanisme des points gratuits neutralise en grande partie l’impact de l’arrêt, contrairement au régime de base.

La limite de 4 trimestres assimilés par an

La validation de trimestres assimilés au titre de la maladie est plafonnée à 4 par année civile. Une longue maladie peut donc priver le salarié de trimestres supplémentaires, sans toutefois remettre en cause l’ouverture des droits à la retraite.

Quels sont les cas particuliers ouvrant droit à des points AGIRC-ARRCO ?

L’affection de longue durée (ALD) : une protection prolongée

La reconnaissance d’une affection de longue durée (ALD) par la Sécurité sociale ne modifie pas directement les règles d’attribution de points AGIRC-ARRCO. En revanche, elle supprime la limite habituelle de 3 ans d’indemnisation en cas d’arrêt maladie ordinaire, permettant ainsi au salarié de continuer à percevoir des indemnités journalières — et donc d’accumuler des points gratuits — aussi longtemps que la CPAM les verse, sans limitation de durée.

L’attribution de points maladie n’est pas plafonnée dans le temps : elle se poursuit tant que l’indemnisation est maintenue et que le salarié n’a pas liquidé sa retraite.

L’accident du travail et la maladie professionnelle

En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, les points gratuits sont attribués selon les mêmes modalités que pour la maladie ordinaire (durée > 60 jours, indemnisation par la Sécurité sociale). L’attribution cesse lorsque le taux d’incapacité permanente devient inférieur à 50 %, ou lorsque le salarié atteint l’âge d’obtention de la retraite de base à taux plein sans condition de durée d’assurance (entre 65 et 67 ans selon la date de naissance).

L’invalidité : catégories 1, 2 et 3

Le titulaire d’une pension d’invalidité versée par la Sécurité sociale (catégories 1, 2 ou 3), correspondant à un taux d’incapacité permanente égal ou supérieur à 66,66 %, bénéficie de l’attribution de points gratuits sans limite de durée. Ces points sont calculés sur la base de l’année N-1 précédant l’entrée en invalidité.

À l’âge légal de départ à la retraite, la pension d’invalidité est automatiquement substituée par une retraite pour inaptitude si le titulaire n’exerce pas d’activité professionnelle.

Le mi-temps thérapeutique : un régime hybride

Le salarié en mi-temps thérapeutique perçoit à la fois un salaire réduit et des indemnités journalières de la Sécurité sociale. Cette situation génère deux types de points :

  • Des points cotisés, calculés sur le salaire effectivement versé
  • Des points gratuits en complément, si le total de l’année reste inférieur au nombre de points de l’année de référence

Le dispositif d’écrêtement s’applique : le cumul des deux catégories de points ne peut dépasser le plafond de l’année N-1.

Quelles périodes ne donnent pas droit à des points AGIRC-ARRCO ?

Les arrêts inférieurs à 60 jours

Tout arrêt maladie d’une durée égale ou inférieure à 60 jours consécutifs est exclu du dispositif de solidarité. Aucun point gratuit n’est attribué, même si le salarié est indemnisé par la Sécurité sociale.

Le congé parental et le congé sabbatique

Ces périodes ne donnent pas lieu à attribution de points gratuits AGIRC-ARRCO, sauf dispositions spécifiques prévues par l’employeur dans le cadre d’un accord d’entreprise prévoyant le maintien des cotisations retraite complémentaire.

Le chômage non indemnisé et les périodes sans couverture

Ne génèrent aucun point gratuit :

  • Les périodes de chômage non indemnisé (chômage volontaire, fin de droits ARE)
  • Les périodes pendant lesquelles le salarié ne relevait d’aucune caisse de retraite complémentaire
  • Les reprises d’activité en micro-entreprise ou en statut indépendant, qui font sortir du périmètre AGIRC-ARRCO

Vérifier et sécuriser ses droits AGIRC-ARRCO après un arrêt maladie

Les justificatifs à conserver absolument

La déclaration des périodes d’incapacité de travail auprès de la caisse de retraite complémentaire suit des circuits différents selon la situation :

  • En cas d’arrêt maladie ordinaire avec indemnités journalières : c’est l’employeur qui déclare les périodes d’incapacité. Le salarié n’a en principe aucune démarche à effectuer auprès de sa caisse.
  • En cas de pension d’invalidité ou de rente d’accident du travail : c’est le salarié qui doit transmettre directement les justificatifs à sa caisse de retraite complémentaire.
  • En cas de chômage indemnisé suivi d’un arrêt maladie : c’est également au salarié de transmettre les attestations de la Sécurité sociale.

Il est fortement conseillé de conserver l’ensemble des attestations de versement d’indemnités journalières et les notifications de pension d’invalidité jusqu’au départ en retraite.

Comment contrôler son relevé de points après un arrêt

Le relevé de points AGIRC-ARRCO est consultable à tout moment via l’espace personnel sur agirc-arrco.fr ou sur info-retraite.fr. Ce document récapitule, année par année, les points acquis en contrepartie des cotisations et les points attribués au titre des périodes d’incapacité de travail. Après un arrêt maladie significatif, il est essentiel de vérifier que les années concernées ne présentent pas un niveau de points anormalement bas, signe possible d’une absence de déclaration par l’employeur ou d’un oubli de transmission de justificatifs.

Les démarches en cas d’anomalie détectée

En cas d’anomalie constatée sur le relevé (année à zéro point, points inférieurs aux droits attendus), il convient de contacter directement la caisse de retraite complémentaire en joignant les justificatifs appropriés. Les demandes de régularisation sont recevables à tout moment, mais les délais de traitement peuvent varier de plusieurs semaines à plusieurs mois selon les caisses.

En résumé : Le régime AGIRC-ARRCO offre aux salariés du secteur privé une protection réelle en cas d’arrêt maladie prolongé, grâce au mécanisme des points gratuits de solidarité. Ce dispositif permet de continuer à accumuler des droits à retraite complémentaire sans cotisation, sous réserve que l’arrêt dépasse 60 jours consécutifs et que le salarié soit indemnisé par la Sécurité sociale. Le calcul repose sur la moyenne journalière des points de l’année précédente, dans la limite du plafond annuel. Si la retraite complémentaire est ainsi mieux protégée que la retraite de base — qui peut subir un impact via le salaire annuel moyen — les droits ne sont pas automatiquement sécurisés : la vérification régulière du relevé de points et la conservation des justificatifs restent des étapes incontournables pour éviter toute perte de droits.

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FAQ

Non. L’attribution de points gratuits AGIRC-ARRCO est conditionnée à une durée d’arrêt supérieure à 60 jours consécutifs. Un arrêt plus court ne génère aucun point de solidarité, même si le salarié est indemnisé par la Sécurité sociale.

Les points sont calculés sur la base de la moyenne journalière des points acquis au cours de l’année civile précédant l’arrêt (année N-1). Cette moyenne, obtenue en divisant le total des points N-1 par 365, est multipliée par le nombre de jours d’arrêt indemnisés. Le total (points cotisés + points gratuits) ne peut pas dépasser le nombre de points de l’année de référence.

Oui, indirectement. La reconnaissance en affection de longue durée (ALD) supprime la limite de 3 ans d’indemnisation par la Sécurité sociale pour les arrêts ordinaires. Tant que les indemnités journalières sont versées, les points gratuits continuent à s’accumuler, sans plafond de durée.

Oui, selon les mêmes règles que pour la maladie ordinaire. L’attribution de points cesse si le taux d’incapacité permanente passe en dessous de 50 %, ou à l’âge de la retraite à taux plein automatique (entre 65 et 67 ans selon la génération).

Cela dépend de la situation. En cas d’arrêt avec indemnités journalières, l’employeur effectue les déclarations. En cas de pension d’invalidité ou de rente d’accident du travail, c’est au salarié de transmettre directement les justificatifs à sa caisse de retraite complémentaire.

Oui, dans certains cas. Les indemnités journalières ne sont pas prises en compte dans le calcul du salaire annuel moyen (SAM) des 25 meilleures années, base de la pension de base. Si l’arrêt survient pendant une année qui aurait figuré dans ces 25 meilleures années, le montant de la retraite de base peut s’en trouver réduit.

En savoir plus : Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO : calcul, points et pension en 2026

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